Quand Assa Abloy s’emparait du leader en Grande-Bretagne

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C’est en mars 2000 qu’Assa Abloy — déjà n°1 mondial de la serrurerie— effectue sa plus ­importante acquisition en rachetant la division serrurerie du britannique Williams qui possédait notamment les marques Chubb, Yale, Union et Tesa (voir ETS n°254).

« Cette opération est l’étape la plus importante depuis la création du groupe en 1994 et figurait parmi les intentions des dirigeants depuis de nombreuses années », expliquait Carl-Henric Svanberg, le PDG d’Assa Abloy de l’époque. Une déclaration qui montre bien l’importance stratégique de ce rachat.

Outre ses marques prestigieuses, la division serrurerie de Williams cumulait de gros atouts : elle pesait lourd (un CA de 520 M£ avec 13 000 salariés), était rentable et présentait des complémentarités géographiques avec le groupe suédois. Au début de la décennie 2000, celui-ci était surtout présent dans les pays scandinaves et en France, après l’acquisition de Vachette en 1997 (voir ETS n°191 et 197). En revanche, Williams était solidement implanté en Grande-Bretagne, Pays-Bas, Espagne, Afrique du Sud, Brésil, Chine et Etats-Unis.

C’était donc une véritable aubaine pour un groupe qui visait une couverture mondiale en rachetant des leaders locaux. Il a d’ailleurs invariablement poursuivi dans cette approche et n’a pas commis d’erreur dans ses multiples rachats : les sociétés acquises se sont avérées des bons choix, tandis qu’Assa Abloy a su marier croissance et rentabilité. L’entreprise suédoise est aujourd’hui leader dans la plupart des nombreux pays où il est présent. Il s’est diversifié dans des secteurs voisins comme l’identité sécurisée, le contrôle des accès et les différents modèles de portes. Avec régularité, il continue ses opérations de croissance externe à un rythme soutenu : il est ainsi en train de finaliser le rachat du suisse Agta Record, annoncé en mars 2019 (voir ETS n°672), qui pèse 380 M€, ce qui lui permettra de dépasser allègrement la barre des neuf milliards d’€ de CA en 2020 (voir ETS n°692).

Quant à Williams, il est sorti des écrans radar : il a en effet cédé ses autres activités (sécurité incendie et électronique) en 2003 et 2005 au conglomérat américain UTC (voir ETS n°327, 358, 359 et 365).

Suite de la rétrospective de la sécurité dans le n°695 du 1er avril 2020