Frédéric Forriar, directeur général, vise notamment une clientèle jeune.
Cette filiale de BNP Paribas spécialisée dans la télésurveillance et la sécurité résidentielle lance son offre de vidéosurveillance. « La décision a été prise il y a trois ans à la suite d’une étude de marché et nous avons écouté nos clients qui souhaitaient bénéficier de cette prestation », affirme son directeur général, Frédéric Forriar, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
La PME entend ainsi se positionner face aux solutions déjà présentes sur le marché, notamment l’autosurveillance proposée chez certains opérateurs téléphoniques qui se sont lancés sur ce créneau il y a plusieurs années via des applications permettant notamment de transmettre les alarmes sur smartphone.
« Notre valeur ajoutée, c’est le service associé, comme le fait de pouvoir faire appel aux forces de l’ordre », explique le dirigeant, qui a débuté dès la création de l’entreprise en 1998 comme opérateur au centre de Télésurveillance de Vineuil, dans le Loir-et-Cher. L’entreprise a mis l’accent sur la technicité avec une caméra connectée, fruit de deux ans de recherche & développement.
D’abord lancée en version test pour les particuliers début 2017, la vidéosurveillance a vocation à être étendue aux professionnels par la suite, le temps de l’adapter aux processus internes et de se conformer à la législation, plus complexe.
Du côté des particuliers, Protection 24 vise « une clientèle plus jeune, qui a quand même besoin d’une protection mais avec un budget plus réduit. C’est pourquoi on a aussi développé une vidéosurveillance seule à 12,99 € », détaille le dirigeant, qui espère gagner 10 000 nouveaux clients d’ici fin 2018 avec cette offre d’abonnement, en plus de l’objectif de 63 000 clients pour la télésurveillance classique. Pour 2017, la société enregistrait un CA de 29,38 M€, contre 28,82 M€ sur l’exercice précédent. Son résultat net, de 2,65 M€ en 2016, a atteint environ 3 M€ en 2017.
Recentrage sur la sécurité stricto sensu
Créée à l’initiative d’Atos et de BNP Paribas, Protection 24 est une filiale à 100% de cette banque depuis 2003. L’entreprise de télésurveillance dispose ainsi de deux réseaux de distribution : le retail, du côté de BNP, et les agents généraux et courtiers du côté d’Axa France. En effet, alors qu’Atos s’est progressivement désengagé du capital pour en sortir définitivement en 2001, Axa France y est entré un an plus tôt. Entre 2001 et 2003, l’assureur a ainsi détenu 45% du capital, contre 55% pour BNP. En 2003, Protection 24 a racheté le fonds de commerce d’Axa France Assistance Protection. Axa France a alors cédé toutes ses parts à la BNP et conclu un accord de commercialisation avec Protection 24.
Une dizaine de recrutements sont en cours au sein de l’entreprise, qui compte 190 salariés. Environ 50 d’entre eux détiennent la carte professionnelle, obligatoire pour ceux qui travaillent au centre de télésurveillance. Par ailleurs, 70% des salariés sont en contact avec les clients. « Au cours des prochaines années, nous souhaitons développer, soit directement, soit via nos réseaux de distribution une stratégie d’acquisition à travers le digital », indique Frédéric Forriar.
Une stratégie qui s’est concrétisée par la refonte de la charte graphique de l’entreprise et la création de trois nouvelles marques : P24, P24 pro et P24 Connect, centrée sur les objets connectés. A l’horizon 2020, la société vise ainsi les 100 000 clients, contre 59 000 aujourd’hui (+4,6% par rapport à 2016).
« Notre ADN, c’est la télésurveillance, et nous souhaitons nous recentrer sur notre coeur de métier, la sécurité stricto sensu », explique Frédéric Forriar. Suivant cette logique, la PME avait cédé en mai 2016 son activité de téléassistance à la société Bluelinea (voir ETS n°611). En 2014, elle a ouvert une filiale spécialisée sur la fraude à la carte bancaire et digitale, baptisée P24 Business.
Concernant la télésurveillance, le portefeuille client se divise entre 85% de particuliers et 15% de professionnels. A ce titre, la PME ne vise pas les grands groupes, mais plutôt les petites superficies, inférieures à 1 000 m2, commerçants, artisans ou professions libérales. « Il s’agit d’un marché de renouvellement, alors que le résidentiel constitue un marché de conquête », résume Frédéric Forriar.