Dan Bellaiche : “Nous allons nous engager dans une stratégie d’acquisitions pour compléter notre présence géographique et pour élargir notre offre”.
Décidemment, les sociétés patrimoniales de gardiennage cherchent à se structurer financièrement : après L’Anneau qui a cédé en octobre dernier une participation minoritaire au fonds d’investissement Initiative & Finance (voir ETS n°684), c’est au tour de Protectim Security Services de faire entrer le « family office » Dzeta Group dans son capital.
« Ayant largement dépassé la barre des 100 M€ de CA, nous avions besoin d’un appui pour nous aider à nous structurer et pour poursuivre notre croissance, y compris en entamant une politique de croissance externe », explique Dan Bellaiche, son président, au cours d’une interview exclusive à En Toute Sécurité, la première jamais accordée à la presse.
Dzeta Group, dont c’est le premier investissement dans la sécurité, a pris une participation minoritaire mais « stratégique et inscrite dans la durée ».
« Nous figurons d’ores et déjà parmi les dix premiers du gardiennage en France et notre ambition à moyen terme serait d’entrer dans le top 5 du classement, avec humilité, sans agressivité et en conservant une vélocité opérationnelle inspirée d’une start-up », affirme le dirigeant âgé de 46 ans, un autodidacte qui a commencé comme agent de sécurité avant de fonder Protectim en 2004.
Devenir un consolidateur du marché
« Nous allons nous engager dans une stratégie d’acquisitions pour compléter notre présence géographique et pour élargir notre offre. Dans cette profession hyperconcurrentielle, nous voulons faire partie des consolidateurs du marché en rachetant des entreprises compatibles avec notre ADN », annonce Dan Bellaiche. Le groupe, qui dispose de 14 agences, n’est par exemple pas véritablement présent dans l’Ouest de la France, le Sud-Ouest ou en Normandie. Le développement sur de nouvelles activités sera « cohérent avec les compétences du groupe, mariant la technologie et l’humain », explique-t-il.
« Notre plan ambitieux de développement va passer par la conquête de parts de marché, notamment en entrant ou en se renforçant sur des segments comme le luxe, la logistique ou l’industrie », ajoute-t-il. Protectim, qui ne travaille pas pour les marchés publics, a débuté son activité avec des clients parmi les enseignes de distribution, qui représentent aujourd’hui encore 55% de son CA. Parmi ses références dans ce domaine, on compte Fnac-Darty, Sephora, Inditex (Zara), Boulanger, Casino, Carrefour, Auchan, Ikea, les magasins Apple ou des centres commerciaux. La diversification du portefeuille de clients a débuté en 2013 et s’est traduite par des contrats passés avec LCL, Natexis, Crédit Agricole, Bred, American Express, UPS, Cisco, Chanel ou Viparis.
Protectim veut également entamer son expansion internationale en commençant par une implantation au Maroc dans les prochaines semaines. « Nous regardons d’autres pays comme la Côte d’Ivoire ou l’Europe francophone », assure Dan Bellaiche.
Le groupe, qui emploie 4 500 personnes, a connu une croissance très rapide : le CA est passé de 95,5 M€ pour l’exercice clos en juin 2018, assorti d’un résultat net de 3,53 M€, à 113 M€ l’année suivante, avec une rentabilité qualifiée d’« intéressante ». « Nous méritons cette croissance, car nous sommes un concurrent loyal », affirme le président. Dans l’optique de structurer le management, il vient de recruter Jérôme Gimenez, ancien d’Atalian et de Fiducial, comme directeur général adjoint.
Le groupe est également présent dans l’événementiel (par exemple pour l’Euro 2016, BNP Paribas ou Fnac) et travaille dans la protection rapprochée suivant les demandes de ses clients.
Dzeta Group, un spécialiste des valeurs moyennes
Fondé et présidé par Claude Darmon, ancien PDG et actionnaire du groupe de génie électrique Cegelec, Dzeta Group est spécialisé dans les valeurs moyennes, en croissance, généralement en prenant une participation majoritaire, ce qui n’est d’ailleurs pas le cas pour Protectim.
Depuis sa création en 2009, le « family office » a effectué quinze investissements dans des entreprises opérant dans des secteurs aussi différents que la vente à distance, l’aviation d’affaires, le prêt-à-porter féminin, la menuiserie, le conseil informatique, la fabrication de pièces techniques, etc. Cinq d’entre elles ont été cédées.
Ancien administrateur de l’Insee, Claude Darmon est entré chez Saint-Gobain, puis préside deux sociétés de batteries (Ceac et Saft) du groupe Alcatel Alsthom. Nommé directeur général d’Alstom, président de la division transport, il rachète en 2001 Cegelec aux côtés de la Caisse des Dépôts, Charterhouse et des cadres. Le groupe électrique, qui est notamment actif dans la sécurité électronique, est revendu à Vinci en 2009 (voir ETS n°462 et 471), date à laquelle Claude Darmon fonde Dzeta Group.