Ainsi que nous le laissions entendre d’après le compte rendu de sa visioconférence avec ses adhérents, (voir ETS n°716), le Groupement des Entreprises de Sécurité a tiré le 19 mars un « bilan insatisfait » concernant le volet sécurité privée dans la proposition de loi relative à la sécurité globale.
Sur la partie régulation économique, « le compte n’y est pas » affirme le GES en faisant référence à la partie sur la sous-traitance et à l’absence de garantie financière. Il estime que l’instauration d’un agrément de dirigeant pour les directeurs d’établissements secondaires est un « non-sens économique ». Satisfait de l’intégration de la sécurité incendie dans le périmètre réglementé de la sécurité privée, il regrette que cela ne soit pas le cas pour la programmation et la maintenance de dispositifs électroniques de sécurité et affirme que c’est une erreur.
Avant l’adoption du texte par le Sénat, le GES avait publié un communiqué indiquant qu’il ne soutenait plus le texte en l’état. Il signalait que ces dispositions « vont dans le mauvais sens et n’encadrent pas correctement » la profession, car « les orientations prises entraineront une paupérisation accrue du secteur, des dérives économiques encore plus fortes et ne permettront ni la mise en place du continuum de sécurité, souhaité par le ministère de l’Intérieur, ni la sécurisation attendue pour les futurs grands événements ».
Dans un communiqué commun, le GES, le GPMSE et l’AN2V demandent le rétablissement de l’article 19 de la proposition de loi, portant sur l’introduction de certaines activités de sécurité électronique (conception, installation et maintenance). Il figurait dans le texte voté par l’Assemblée nationale mais n’a pas été retenu par le Sénat. Concernant la proposition de loi, le GES a également publié un communiqué avec le SESA (sûreté aéroportuaire) et avec Perifem (association des enseignes de distribution).
Par ailleurs, le GES a demandé à Kantar Public une première enquête sur les Français et la sécurité : il en ressort que sur les questions de sécurité, ils font avant tout confiance aux collectivités locales (76%) et aux entreprises de sécurité (62%), bien plus qu’au gouvernement (47%) et au Parlement (42%).
Pour 60% des personnes interrogées, les agents de sécurité rassurent et leur permettent de se sentir en sécurité. 82% pensent que le ministère de l’Intérieur devrait davantage s’impliquer en matière de régulation. Elles se déclarent à 80% favorables à l’instauration d’une garantie financière et à 82% en faveur d’une limitation de la sous-traitance. Enfin, 97% des Français pensent que les différentes catégories de personnel de sécurité devraient faire l’objet d’un contrôle de moralité.