Curieusement, le rapport de branche estime que la crise sanitaire, c’est-à-dire le plus grand séisme économique depuis la seconde guerre mondiale, n’a pratiquement eu aucun impact sur la sécurité privée en 2020 : il affirme en effet que le CA de la profession a diminué de 0,5%. Ce chiffre est à comparer à -3,1% publié dans l’Atlas d’En Toute Sécurité, soulignant qu’il s’agissait d’une baisse historique pour la profession prise dans son ensemble.
Il faut dire que le rapport de branche, réalisé par Xerfi Spécific, s’appuie sur un petit nombre de questionnaires remplis par des entreprises, d’ailleurs en diminution depuis plusieurs années, selon son propre décompte : 524 exploitables en 2018, 47 l’année suivante et 453 pour cette dernière édition. Pour sa part, l’Atlas répertorie les résultats économiques 2020 de 1 562 sociétés de sécurité.
Comme tous les ans, le rapport de branche publie des chiffres totalement déconnectés de la réalité économique pour certains secteurs. Ainsi, le CA dans l’installation de sécurité électronique est chiffré par Xerfi Spécific à 150 M€, alors que les analystes s’accordent sur un marché de plusieurs milliards d’€. L’Atlas d’En Toute Sécurité comptabilise un CA cumulé de 4,5 milliards d’€ pour l’alarme, le contrôle d’accès et la vidéosurveillance. Même décalage pour la formation en sécurité, indiqué à 20 M€ dans le rapport de branche contre 370 M€ dans l’Atlas. Cette année, le rapport ne donne pas de chiffre pour le transport de fonds -pourtant dans le périmètre réglementé de la profession- alors que les années précédentes il chiffrait ce métier à environ 15 M€ (voir ETS n°711), sachant que Brink’s et Loomis pèsent à eux seuls près de 600 M€. Même sur un petit secteur comme la protection rapprochée, la différence est importante : 15 M€ chez Xerfi et 24,8 M€ pour l’Atlas.
Les écarts sont également significatifs pour l’intervention sur alarme, la surveillance et la sûreté aéroportuaire.