Le spécialiste du Big Data pour les applications de sécurité a franchi une nouvelle étape vers son introduction en bourse : il vient de déposer son document d’entrée à Wall Street et vise une première cotation avant la fin de l’année.
Les fondateurs conserveront 49,9% des droits de vote. Palantir réfléchit depuis deux ans à son introduction en bourse (voir ETS n°663), mais il s’agit bien cette fois-ci de la dernière ligne droite.
Certains financiers estiment que la valorisation de vingt milliards de $ calculée voici cinq ans est surestimée au vu des derniers résultats annoncés. L’entreprise très secrète présidée par Alex Karp a en effet réalisé un CA de 742 M$ en 2019 (+25%) alors que les analystes pensaient qu’elle avait déjà dépassé le cap du milliard de $ voici plusieurs années. De plus, elle accuse de lourdes pertes : 580 M$ l’année dernière et 165 M$ au premier semestre 2020.
Fondée en 2004 avec le soutien d’IN-Q-Tel, un fonds d’investissement de la CIA, la société bénéficie d’une image très mitigée, en raison de cette origine très particulière et des applications très sensibles sur lesquelles elle travaille comme la lutte anti-terroriste ou la détection de fraudes.
Palantir dispose d’un portefeuille de clients très restreint, mais très ciblé : 125, dont plusieurs agences gouvernementales américaines comme le Department of Homeland Security, l’US Air Force, la CIA, le FBI, les Marines, etc. On trouve aussi la DGSI (voir ETS n°689), mais aussi des groupes comme Airbus, Crédit Suisse ou Axa, car la société a cherché à diversifier ses activités. Cette année, elle a conquis des autorités sanitaires en proposant des outils d’analyse de données pour lutter contre la pandémie de Covid-19.