Le leader de la protection contre les risques NRBC effectue la première acquisition de ses 17 ans d’existence en rachetant fin mai Sulitec, spécialisée dans l’isolation thermique haute température, utilisée notamment par les pompiers.
« Les deux entreprises sont extrêmement complémentaires sur le plan des produits et des segments de clientèle, tandis que nous allons stimuler l’expansion internationale de Sulitec », affirme Ludovic Ouvry, président de la société éponyme, ajoutant que trois dossiers de croissance externe avaient été récemment étudiés, mais qu’ils n’ont pas abouti (voir ETS n°708) : l’un pour une question de culture d’entreprise, l’autre pour le montant de la valorisation et le troisième parce que le risque était jugé trop important.
Implantée dans l’Isère, Sulitec conçoit notamment des simulateurs de feu réel pour les pompiers qui ont déjà été vendus dans quarante départements en France, de même qu’en Suède, Tunisie, Taiwan et au Québec. La société commercialise des textiles et composites de protection contre les hautes températures (600 à 1 200 degrés) employés dans le nucléaire, la pétrochimie, l’aéronautique, les laboratoires, l’automobile et le militaire.
Créée en 2002, Sulitec connait une progression de plus de 15% par an, mais la pandémie s’est traduite par un net décalage des commandes, si bien que, pour la première fois, la société a connu une chute de ses ventes. Après un CA de 3 M€ en 2019, elle a réalisé un CA de 2 M€ l’année suivante avec une perspective de 3,5 M€ cette année puisque la production a retrouvé un rythme normal.
Jacques Luminet reste directeur général de Sulitec, tandis que Claude Nasso, président et co-fondateur, s’en va. La société emploie douze personnes et en fait travailler une trentaine en plus.
« Les équipes sont maintenues et les deux sociétés poursuivront leur vie indépendante tout en développant des synergies », affirme Ludovic Ouvry.
« Nous sommes avant tout des développeurs, consacrant 20% de note CA à la recherche et développement. L’exportation représente 12% de nos ventes et nous comptons bien accélérer à l’international grâce à Ouvry », explique Claude Nasso.
De son côté, Ouvry rencontre de véritables succès hors de France depuis sa création en 2003 puisque la part de l’export est passée de 51% en 2018 (voir ETS n°605 et 651) à 70% en 2020 et un objectif de 80% cette année, grâce à des ventes dans 44 pays.
L’entreprise examine un autre dossier de croissance externe, en l’occurrence hors de son métier de base. « Les discussions sont très avancées et pourraient aboutir avant la fin de l’année », affirme Ludovic Ouvry à En Toute Sécurité. Il s’agit d’une société spécialisée dans les masques à gaz réalisant un CA de quelques M€.
Employant 25 personnes, Ouvry a réalisé un CA de 10,1 M€ en 2019, de 15 M€ l’année suivante et une prévision supérieure à 20 M€ en 2021 en intégrant Sulitec. La société lyonnaise fabrique 65 000 tenues de protection par an, notamment pour les forces de l’ordre (BRI, Raid, GIGN, etc.) et anticipe dès cette année une augmentation des commandes provenant des forces de sécurité publique en prévision des Jeux Olympiques de 2024, comme cela avait d’ailleurs été le cas avant l’Euro 2016.