Ouvry accélère sa croissance en diversifiant sa clientèle

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Ludovic Ouvry : “Nous avons opéré une diversification heureuse vers la sécurité civile, les forces de l’ordre, l’agriculture et l’industrie”.

Le fabricant d’équipements adaptés aux risques NRBC (nucléaires, radiologiques, biologiques, chimiques) a accéléré sa croissance depuis cette année, grâce à de nouveaux segments de clientèle et un fort développement à l’international, annonce Ludovic Ouvry, président de la société éponyme, au cours d’une interview exclusive accordée à En Toute Sécurité.

« Complètement tournés vers l’univers de la défense à l’origine, nous avons opéré une diversification heureuse vers la sécurité civile, les forces de l’ordre, l’agriculture et l’industrie », explique-t-il. Les activités hors défense ont représenté la totalité de l’activité jusqu’en 2013 pour descendre à 70% en 2018 et environ 50% cette année. « Clairement, en France, les relais de croissance ne sont pas dans la défense », ajoute le dirigeant.

La société familiale a ainsi remporté des contrats auprès d’EDF, SNCF, Ratp, des opérateurs d’importance vitale, divers services de pompiers, et pour la remédiation de sites industriels pollués. Pour l’agriculture, l’entreprise a mis au point des équipements « adaptés à des risques diffus, une concentration faible et permanente, provenant des pesticides ».

Pour les forces de l’ordre, Ludovic Ouvry affirme que les budgets sont renforcés en équipements NRBC, notamment dans la perspective des Jeux Olympiques de 2024, avec des premières commandes prévues en 2021.

En revanche, la pandémie de coronavirus ne devrait pas avoir d’influence sur les ventes : « Dès janvier dernier, nous avons été sollicités par des services publics ou des universités, mais nos produits ne sont pas adaptés à ce type de risque sanitaire, car leur niveau de protection est trop élevé », souligne Ludovic Ouvry.

 

Des ventes tirées par l’export

Le développement à l’international continue de porter ses fruits, représentant plus de 60% du CA cette année contre 51% en 2018 (voir ETS n°605 et 651) et avec une perspective de 80% en 2021. Le mois dernier, le groupe a inauguré sa présence dans un 43e pays, le Luxembourg. L’export s’effectue par des accords de distribution, des agents commerciaux, des bureaux en propres ou même des transferts de production (confection, packaging, contrôle qualité, etc.) dans deux pays.

L’activité à l’étranger concerne surtout les produits dédiés pour la défense, en prévision d’un durcissement des futurs conflits avec utilisation d’armes chimiques. La société, qui avait réfléchit à une éventuelle diversification vers la production de gilets pare-balles, a finalement décidé de ne pas se lancer sur ce marché, estimant qu’elle aurait été trop dépendante des deux fabricants mondiaux de fibres.

Ouvry a réalisé un CA de 10,1 M€ en 2019, tandis que la société est qualifiée de « bien gérée ». « Dans les trois prochaines années, le CA pourrait évoluer jusqu’à 20 M€ » indique le dirigeant. Celui-ci souligne qu’il s’agit uniquement de croissance organique, soutenue par des investissements industriels et en logistique d’environ 2 M€ cette année. Il dévoile avoir entamé voici deux ans des discussions avec trois sociétés en vue d’un potentiel rachat. Ce projet n’a pas abouti, car les atouts de ces structures se sont révélés moins attrayants qu’annoncé et leur culture d’entreprise était trop différente. Aujourd’hui, Ouvry privilégie une éventuelle acquisition à l’étranger.

Ludovic Ouvry, qui tient à conserver l’indépendance de sa société, a racheté en novembre 2018 les 20% du capital qu’il ne détenait pas.