Pascal Pesh : “Nous voulons accélérer la convergence entre les prestations humaines et à base de technologie”
L’entreprise a investi et s’est organisée pour devenir un intégrateur de solutions de sécurité, affirme Pascal Pech, directeur général d’Onet Sécurité depuis juillet dernier (voir ETS n°657 et 658), au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
« Notre ambition consiste à nous positionner comme un expert, avec l’innovation comme catalyseur, et d’être encore plus attentifs aux besoins rée ls des clients », déclare le dirigeant en annonçant la création d’un pôle ingénierie qui travaille sur des offres globales. Composé de sept personnes, il est dirigé par Geoffroy Brualla, qui vient de rejoindre le groupe après avoir mis en sommeil la société de conseil Anterisk qu’il avait fondé à Marseille fin 2016.
« Notre démarche se fonde sur une meilleure analyse des risques encourus par nos clients pour leur proposer une offre mieux adaptée », affirme le directeur général qui est également président du SNES. Ce pôle ingénierie, qui rassemble des expertises métiers et des compétences en technologies, ne va pas seulement proposer des solutions pour des grands comptes, mais aussi pour des entreprises de taille intermédiaire. Ce type de prestation est encore marginal dans le volume d’affaires, mais l’objectif est d’augmenter cette part « significativement, notamment en accélérant la convergence entre l’humain et les technologies ».
Cette évolution passera aussi par une amplification des synergies sur le plan commercial avec les autres activités du groupe Onet, qui est également présent dans la propreté, la logistique, les services aéroportuaires et le recrutement. De même, un renforcement des connaissances mutuelles avec les autres divisions sera recherché. Onet Sécurité dispose de 11 agences en sécurité électronique et de 18 dans le gardiennage, qui bénéficient du support de sa maison-mère pour les fonctions administratives et commerciales.
Onet Sécurité, qui emploie environ 6 000 salariés, a recruté une directrice commerciale, Florence Bigé, venue de chez Otis, ce qui correspond à une création de poste puisque cette fonction était jusqu’ici partagée par une personne travaillant également pour la division propreté.
Stratégie de partenariats
« Notre stratégie s’appuiera peut-être sur des acquisitions pour ajouter de nouvelles expertises mais surtout sur des partenariats, pour devenir un architecte global », explique Pascal Pech qui est par exemple sur le point de s’associer à un constructeur de drones autonomes. Par ailleurs, à l’issue d’un travail de deux ans et d’un investissement supérieur à 0,25 M€, Onet Sécurité a développé Exosphère, la combinaison d’un PC mobile installé dans un véhicule utilitaire et d’un aérostat de surveillance, conçu par ANSE, placé à 150 m de hauteur et équipé de caméras. Proposée à la location, elle est dédiée à la gestion de crise ou de grands événements et aux vastes sites industriels. Ce concept a été retenu par la ville de Marseille, un site de retraitement nucléaire, une course automobile et un jumping équestre.
« Nous ne faisons pas la course au chiffre d’affaires : nous souhaitons signer des contrats à valeur ajoutée qui génèrent suffisamment de marge pour réinvestir en formation, management et innovation », affirme le directeur général. Pour 2018, Onet Sécurité « a subi comme ses confrères un affaissement de sa marge, notamment en raison de la réintégration du CICE », précise-t-il.
Selon les premières estimations, qui s’avèrent « plutôt satisfaisantes », le CA s’est inscrit à 252 M€ en 2018, dont 170 M€ en gardiennage (contre 158,4 M€ en 2017), 70 M€ en sécurité par sa filiale Telem (contre 61 M€ l’année précédente, voir ETS n°652) et 12 M€ pour l’accueil, avec une activité stable. Parmi les nouveaux contrats, on peut citer la reconduction de l’accord avec la centrale d’achats publics Ugap, la sûreté d’Iter, et la sécurité incendie du tunnel sous la Manche. En revanche, le consortium auquel appartient Onet Sécurité n’a pas été retenu, à l’automne dernier, pour la reconduction des prestations de télésurveillance des détenus. La fin de ce contrat d’environ 1 M€ s’effectue actuellement.
« 2019 sera une année de consolidation et de recentrage pour le gardiennage, tandis que nous diversifierons davantage Telem hors de son métier historique de la banque », souligne Pascal Pech. Le développement international n’est pas considéré comme une priorité. Une réflexion stratégique est en cours sur les activités à développer, comme le vidéoguarding, la sûreté aéroportuaire et la protection rapprochée.