Nedap France passe sous le contrôle de B&Capital

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Kees Payens : “Nous souhaitons effectuer des acquisitions pour compléter notre offre”.

Le groupe néerlandais spécialisé dans le contrôle d’accès, la lutte contre la démarque inconnue et l’automatisation des bibliothèques, cède sa participation de 49,8% du capital qu’il possédait dans sa filiale française, tandis que la reconfiguration du tour de table permet à B&Capital de détenir 56% des actions, annonce la société à En Toute Sécurité.

« Dans notre quotidien rien ne change : nous sommes toujours le bras français de Nedap NV et Nedap France reste un partenaire essentiel du groupe », souligne-t-on à la direction de Nedap France. Le nom de l’entreprise est d’ailleurs conservé.

Cette reconfiguration du capital s’est effectuée à l’occasion du départ à la retraite d’Alain Sot, directeur général, qui possédait des titres. Kees Payens, fondateur et président de Nedap France, ainsi que quelques managers (Patrice Denos, Myriam Beugnet, Philippe Anquetin, Thomas Pinna) détiennent désormais 44% du capital, dans le cadre d’un LBO primaire.

L’engagement de négociations exclusives avait été annoncé cet été. B&Capital, associé au cabinet international de conseil en stratégie Roland Berger, accompagne des PME dans leur croissance et leur transformation. Le fonds d’investissement détient également une participation minoritaire dans Deveryware, spécialiste de la géolocalisation pour les applications de sécurité (voir ETS n°677).

Nedap France, qui est valorisé entre 30 et 40 M€ selon certaines sources, « conserve son business habituel, notamment grâce à la confiance que Nedap NV nous renouvelle et matérialisée aujourd’hui par des contrats d’exclusivité solides sur le très long terme », affirme la direction.

A la suite de ce changement d’actionnaire, la société va désormais étudier des dossiers d’acquisitions. « Il n’est pas question de racheter des concurrents, mais d’élargir notre offre par des solutions complémentaires dans nos trois métiers », explique Kees Payens au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.

 

Des sites sensibles comme clients

Avec un CA de 28,14 M€ en 2018 (assorti d’un bénéfice net de 2,14 M€), la France est la plus importante filiale de Nedap. A ce montant, il faut rajouter plusieurs M€ provenant de commandes venant des Pays-Bas pour des activités réalisées en France, si bien que le total dépasse les 35 M€.

Egalement active en Afrique du Nord, la société créée en 1997 réalise la moitié de ses ventes dans le contrôle d’accès, principalement pour des sites sensibles et tertiaires. L’entreprise a notamment participé à des projets d’envergure comme le siège du ministère des Armées à Balard, le nouveau tribunal de grande instance de Paris, le nouveau siège de Saint-Gobain à la Défense. Son portefeuille de clients comprend également Areva, Renault, PSA, Sanofi, de nombreuses banques, ITER, plusieurs bases militaires, Orange, Bouygues Télécom, le ministère de l’Intérieur, etc. (voir ETS n°550).

L’autre activité comprend la commercialisation de solutions RFID de paiement, de gestion des stocks et de lutte antivol pour les enseignes de distribution comme Decathlon, Auchan, Leclerc, Celio, Undiz ou encore le groupe de prêt-à-porter Beaumanoir. Cette technologie est également commercialisée auprès des bibliothèques municipales pour automatiser les processus de prêt et de retour des documents : parmi ses références, on peut citer le réseau des bibliothèques de la communauté d’agglomération Plaine Commune (23 sites), les bibliothèques de la communauté urbaine de Dunkerque (20 sites), celles de la ville de Rennes (12 sites), des communautés urbaines de Bordeaux (10 sites) et de Strasbourg (8 sites) et de la ville de Brest (7 sites).

La société implantée à Eragny (95) et employant une centaine de salariés, commercialise ses solutions à travers un réseau d’une quarantaine de partenaires en France.

De son côté, le groupe néerlandais concrétise ainsi sa volonté de se recentrer sur la fabrication et la conception de produits et solutions logicielles. Nedap NV, présidé par Ruben Wegman, a déjà effectué la cession progressive de ses différentes filiales en Europe, notamment aux Pays-Bas et dans les pays où il travaillait en direct.

Le groupe a réalisé un CA de 191,4 M€ en 2018 (+5%) pour un bénéfice de 17 M€ (+9%) avec des effectifs de 705 salariés. Au 1er semestre 2019, le CA s’est inscrit à 94,2 M€ en baisse de 2,6% pour un bénéfice net de 6,7 M€, en recul de 3%. Il est connu pour avoir développé des machines à voter électronique.