MultiX absorbé par le finlandais Det Technology

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Hannu Martola, PDF de Det Technology, veut devenir un leader en matière de nouvelles technologies de détection.

Le concepteur de matériels de détection d’explosifs par rayons X, mis en liquidation judiciaire en décembre dernier et repris dans la foulée par le groupe finlandais Det Technology, est désormais intégré à sa nouvelle maison-mère.

La marque MultiX a ainsi été abandonnée au mois de juin et l’entité française a pris le nom de Det Technology, de même que tous les produits commercialisés.

Le groupe finlandais avait repris certains actifs, notamment les brevets et 17 salariés (sur les 25 que la société a compté), de même que les locaux installés à Moirans, dans l’Isère.

MultiX a généré un CA inférieur à 1 M€ en 2018. La société devrait encore accuser des pertes en 2019, affirme Hannu Martola, PDG de Detection Technology.

Les deux sociétés apparaissent complémentaires puisque la firme finlandaise est plutôt spécialisée dans les applications pour l’industrie et le médical alors que la société française est uniquement tournée vers la sécurité et tout particulièrement les aéroports.

 

Det Technology très présent en Asie

Le marché de la détection de métaux et d’explosifs, estimé à près de un milliard d’€ en 2019, connait une nouvelle étape avec l’apparition de nouvelles technologies, notamment en utilisant des solutions multi-énergies ou de conversion directe, permettant de mieux distinguer les différentes catégories d’objets recherchés.

Créée en 1991, Det Technology estime détenir 17% du marché mondial de la détection avec plus de trois millions d’appareils vendus depuis sa création et deux milliards d’inspections réalisées quotidiennement avec ses équipements, fixes ou portables. Ceux-ci sont dédiés aux contrôles des personnes, des véhicules ou des containers.

Parmi ses 240 clients répartis dans quarante pays, on peut citer les Jeux Olympiques d’hiver 2018 en Corée du sud. Det Technology a été introduite à la bourse d’Helsinki en 2015, ce qui lui a permis de lever 17,9 M€. La société emploie 507 personnes, dont 414 en Chine et 70 en Finlande.

L’entreprise a réalisé un CA de 93,91 M€ en 2018 (+5,5%) assorti d’un bénéfice opérationnel de 18,5 M€. L’Asie représente 62% de ses ventes, l’Europe 19% et les Amériques 19% également.

 

MultiX : l’histoire d’un échec économique

Malgré de nombreux appuis, la société n’est pas parvenue à faire décoller ses ventes. Fondée en 2010 par deux anciens de Thales, Jacques Doremus et Patrick Radisson, l’entreprise a mis au point un scanner utilisant l’imagerie spectrométrique par rayons X capable d’une détection présentée comme trois fois plus fine que les produits standards actuellement sur le marché. Il peut par exemple différencier un soda avec ou sans sucre ou encore de l’eau d’un explosif liquide. Il était prévu que ces appareils puissent également être utilisés dans l’agro-alimentaire, les mines, l’industrie ou le recyclage.

La société avait bénéficié d’importants soutiens financiers, provenant de ténors de la high tech. Entre 2011 et 2014, plusieurs acteurs, dont Thales, CEA Investissement, Alto Invest et ACE Management, avaient apporté un total de 8,7 M€ (voir ETS n°494). Une nouvelle levée de fonds est intervenue en 2017, pour un montant de 3,5 M€, provenant des actionnaires historiques et de deux nouveaux, Omnes Capital et H3C (voir ETS n°631). Ayant bénéficié de financements de la part de Bruxelles, la société travaillait en collaboration avec les équipes de recherche du CEA.

MultiX avait posé des jalons avec les aéroports américains qui avaient testé sa technologie. Les livraisons devaient débuter en 2018. Des accords techniques ont été passés au Danemark pour équiper certains aéroports.

Néanmoins, les pertes se sont accumulées : 10,3 M€ entre 2012 et 2017. En revanche, le CA n’a pas décollé : il est resté autour de 0,8 M€, dont 0% en France, 80% en Europe et 20% aux Etats-Unis. En 2017, la société visait un CA multiplié par quinze dans les 3-4 années qui suivent.