Monetik : une stratégie de niche porteuse

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Thierry Elipe : “Nous nous diversifions en dehors du secteur bancaire”.

Spécialisée dans le traitement automatisé des espèces, Monetik vient de signer en janvier un nouveau contrat avec la Société Générale pour la vente, l’installation et la maintenance de consignes de retrait exceptionnel. L’an dernier, la PME basée dans les Yvelines remportait un appel d’offre lancé par cette même banque face à deux de ses principaux concurrents, le Suédois Gunnebo et le Japonais Glory, pour un contrat de trois ans portant sur 300 distributeurs de rouleaux de monnaie.

« Nous travaillons sur une niche dans un marché de niche », estime Thierry Elipe, gérant et fondateur de Monetik, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.

Pour autant, la société se tourne de plus en plus vers le commerce de proximité, à fort potentiel de croissance. « Pour l’instant, 80% de notre chiffre d’affaires vient du secteur bancaire, il fallait donc engager une action pour se diversifier », explique-t-il, invoquant les fermetures de guichets bancaires et le report d’une part de la criminalité vers le petit commerce, ou encore l’importance de la lutte contre la démarque inconnue chez les commerçants. Le reste de l’activité de l’entreprise se partage entre les transports publics (10%), le commerce et la grande distribution (Leclerc, Leroy Merlin, Carrefour…), le transport de fonds, mais aussi l’hôtellerie de luxe (Ritz, Crillon) ou encore les casinos. En octobre 2017, Monetik revendiquait 6 600 machines installées et 3 660 sous contrat. Jusqu’ici simple distributeur, la société est par ailleurs en train de faire développer ses propres matériels, dont la commercialisation devrait débuter en mai.

Dans cette logique de diversification, Monetik a racheté cet été la société Télédom Sécurité, basée à Antibes et spécialisée dans l’édition de logiciels de gestion d’encaissement. « L’objectif était d’avoir la chaîne complète de traitement des espèces, avec les terminaux points de vente, les logiciels, les monnayeurs et le service technique associé. Aujourd’hui nous sommes la seule société française à proposer une gamme aussi étendue », assure le gérant, qui veut éviter de faire appel à des sous-traitants.

 

Un développement concentré en France

Ancien directeur des opérations automation chez Gunnebo, ce diplômé d’école de commerce et en informatique de 54 ans a lancé Monetik en 2005. Il détient aujourd’hui 51% du capital de la SARL, les 49% restants étant aux mains d’une associée qui ne travaille pas pour l’entreprise. Lancée au capital de 0,7 M€, celle-ci a connu une croissance moyenne d’environ 11% par an depuis sa création.

Monetik a enregistré un CA de 7,6 M€ pour l’exercice clos au 30 septembre 2017 contre 7,2 M€ sur l’exercice précédent (+2,77%). Le résultat d’exploitation est quant à lui passé de 4,8% en 2016/17, à 5% sur le dernier exercice. « Sur les cinq prochaines années, nous tablons sur 20% de croissance annuelle en moyenne », indique Thierry Elipe, qui anticipe pas moins de 35% de progression du CA pour l’exercice en cours à (10 M€).

L’entreprise compte 48 salariés dont une vingtaine de techniciens de maintenance dispersés sur l’Hexagone. « Notre force réside dans le service à la clientèle », affirme Thierry Elipe, avec l’engagement affiché par la société d’intervenir sous quatre heures en cas de problème. Pour ce faire, il veut disposer du maillage territorial le plus complet possible.

« C’est pourquoi nous souhaitons concentrer notre développement en France pour le moment » explique-t-il, revendiquant un taux d’intervention hors délai entre 2 et 3%. Ce marché de niche se caractérise aussi par sa forte contrainte réglementaire. Depuis le 1er janvier, les commerçants et professionnels assujettis à la TVA ont l’obligation d’utiliser un logiciel dit « non permissif » de caisse enregistreuse afin d’empêcher toute fraude et d’enregistrer chaque paiement.

Face aux annonces de disparition prochaine du liquide au profit du « sans contact » ou autres paiements dématérialisés, Thierry Elipe reste serein : « s’il est vrai que le cash diminue, une étude de la Banque de France montre que 64% des transactions sont encore faites en liquide ». Pour autant, « il faut d’ores et déjà réfléchir à ce que nous pourrons proposer dans des produits non-cash en corrélation avec notre offre actuelle. Cela pourrait être des portiques antivols par exemple ».