Luc Guilmin élu président du GES

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Dans un contexte économique très dégradé, de très gros chantiers attendent le nouveau président de l’organisation patronale.

Le PDG du n°1 de la profession de la sécurité pour la représenter : tel a été le choix du GES. Mardi 12 janvier, les administrateurs de l’organisation patronale se sont en effet réunis physiquement dans ses locaux et ont élu à la présidence Luc Guilmin, président de Securitas France. Un vote à l’unanimité.

Frédéric Gauthey n’a finalement pas pu rester président du GES : parti de Prosegur France en décembre, dont il était le directeur général, il n’avait plus de responsabilité à la tête d’une entreprise de sécurité. Et donc d’après les statuts de l’organisation pas la possibilité de garder son poste de président.

« Le passage du relais s’est déroulé dans de bonnes conditions et dans une ambiance sereine », souligne un administrateur contacté par En Toute Sécurité. « Le fait que la profession soit désormais représentée par le leader du marché est un très bon signe donné aux pouvoirs publics, aux clients et à nos salariés », poursuit-il.

« En fait, c’était un conseil d’administration comme un autre avec un agenda fourni et nous avons travaillé comme d’habitude », renchérit un autre de nos interlocuteurs.

 

Stratégie de la continuité

Luc Guilmin « se situe clairement dans la continuité de la politique du GES et ira dans la direction déjà tracée. Le changement de président dans des conditions un peu précipitées ne remet pas en cause les chantiers mis en route », souligne un autre administrateur.

Le GES s’est donc empressé de publier un communiqué pour « réaffirmer fortement » les projets qu’il porte depuis plusieurs mois. A savoir la limitation stricte de la sous-traitance, la création de la garantie financière, l’intégration de la sécurité incendie et des activités de maintenance et programmation de la sécurité électronique dans le code de sécurité intérieure, la suppression de l’interdiction de la VAE (validation de l’acquis d’expérience) en sécurité privée et le développement de l’alternance et de l’apprentissage.

Certaines de ces propositions sont écartées ou édulcorées dans la proposition de loi sur la sécurité globale qui doit être examinée par le Sénat. Un travail de lobbying est donc à prévoir. D’autant que la situation économique dégradée va avoir des conséquences néfastes sur la profession dans les prochains mois.

Luc Guilmin trouvera-t-il le temps pour mener à bien son mandat de président du GES ? Déjà très occupé par le projet de transformation de Securitas France lancé en ce début d’année (voir ETS n°710), il prend une seconde responsabilité dont tout le monde dit qu’elle est très chronophage.

 

Un bilan tronqué pour Frédéric Gauthey

Les prédécesseurs de Luc Guilmin consacraient entre deux et trois jours à leur activité syndicale. Frédéric Gauthey, qui n’appartenait pas à une entreprise patrimoniale, avait reçu le feu vert de son groupe pour dégager le temps nécessaire pour son mandat de président du GES.

Les administrateurs ont d’ailleurs tenu à saluer le travail de Frédéric Gauthey. Il semble vouloir partir discrètement et — lors de la réunion du conseil d’administration — n’a d’ailleurs pas dressé un bilan du travail accompli depuis la création du GES.

Il avait élaboré un programme ambitieux mais il n’a pas pu mener à bien cette tâche, contrecarré par la pandémie qui a bouleversé l’ordre des priorités et par la décision de Fiducial de se séparer de lui seulement quelques mois après le rachat de Prosegur France, conclu en juin dernier (voir ETS n°700) et finalisé en octobre (voir ETS n°706).

Elu en décembre 2019 à la présidence du GES (voir ETS n°688), si l’on fait abstraction de son premier mandat de six mois consacré à la mise en route du GES au moment de sa création en juin 2019 (voir ETS n°678), Frédéric Gauthey n’a en effet effectué qu’une année de son mandat de trois ans.

Avant ce dernier épisode, Frédéric Gauthey a cherché d’autres postes éventuels dans une société de sécurité afin de pouvoir rester président du GES. On a évoqué des discussions avec Onet Sécurité, mais elles n’ont pas abouti à ce jour.

Enfin, les administrateurs ont validé six nouvelles adhésions, dont celle d’Octopus Sécurité, société passée sous le contrôle de Luxant Group en octobre dernier (voir ETS n°706) et qui avait quitté le GES avant cette opération.

 

Luc Guilmin : un rôle discret jusqu’à présent au GES

Nommé président de Securitas France en juin 2018, Luc Guilmin possède une expérience de plus de vingt ans dans la sécurité. Néanmoins, sur le plan syndical, il n’a jusqu’à présent pas eu un rôle de premier plan : il avait la fonction de trésorier adjoint du GES au sein du bureau composé de six administrateurs.

Diplômé de l’ESC Toulouse, Luc Guilmin débute sa carrière comme auditeur chez Arthur Andersen avant de rejoindre Tyco en 1999 où il devient directeur administratif et financier d’ADT France en 2005.

Cinq ans plus tard, il est nommé directeur général de la division sécurité électronique de Stanley, qui comprend alors ADT France et Générale de Protection (voir ETS n°496), pour la France et la Belgique. Début 2012, il prend également la tête de Niscayah France, dont le groupe avait aussi été racheté par Stanley (voir ETS n°522). Luc Guilmin mène le rapprochement de ces trois entités à l’histoire complexe qui fusionnent en 2013 (voir ETS n°548).

Il passe chez Securitas en octobre 2016 comme directeur des acquisitions (voir ETS n°618) puis devient directeur de Securitas Technologie. Sa première mission a été d’acquérir Automatic Alarm, ce qui est effectif début 2018 (voir ETS n°643 et 646). Six mois plus tard, il remplace Michel Mathieu à la tête de la filiale française (voir ETS n°657).