Le bras de fer commercial et technologique entre les Etats-Unis et la Chine pourrait s’étendre aux sociétés chinoises de sécurité électronique. Après Huawei, deuxième fournisseur mondial de réseaux de télécom, affecté par le décret de Donald Trump interdisant aux sociétés américaines d’effectuer des transferts de technologie vers des groupes étrangers jugés « sensibles », plusieurs entreprises chinoises de sécurité pourraient en effet être concernées.
Il s’agirait principalement d’Hikvision, leader mondial de la vidéosurveillance avec une part de marché d’environ 20%, qui fournit des équipements pour de nombreux sites sensibles dans un très grand nombre de pays. Le nom de son challenger Dahua est également cité, de même que celui de DJI, leader mondial des drones de loisirs, également très présent dans les applications professionnelles et notamment de sécurité.
Une lettre envoyée par 40 députés et sénateurs aux conseillers de Donald Trump il y a quelques mois, mentionnait Hikvision comme ayant livré des matériels et logiciels permettant aux autorités chinoises de la région du Xinjiang de réprimer la minorité Ouïgoure turque. Ils dénonçaient des actions « pouvant constituer des crimes contre l’humanité » et demandaient des contrôles plus stricts pour être sûr que des sociétés américaines n’étaient pas impliquées indirectement.
Le jour où cette lettre a été rendue publique, l’action Hikvision a chuté de 10% pour finir à -6% à la clôture de la séance, le 22 mai. En fait, Hikvision serait moins touché que Huawei par des sanctions américaines, car la plupart de ses fournisseurs en composants sont chinois et non américains comme c’est le cas pour le spécialiste de la 5G.
Le décret sur l’urgence nationale promulgué par Donald Trump exige pour les sociétés américaines d’obtenir une autorisation des autorités pour livrer des équipements à une entreprise étrangère soupçonnée d’espionnage ou de pratique jugée illégale.