Les nouvelles ambitions d’Anaveo

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Laurent Bellot : “la stratégie du groupe s’inscrit dans la continuité mais aussi dans le changement “.

Le groupe de sécurité électronique, qui annonce la signature de sa plus grosse acquisition, affiche désormais de nouvelles ambitions, déclare au cours d’une interview exclusive accordée à En Toute Sécurité Laurent Bellot, son président nommé en octobre dernier.

« Nous entamons une nouvelle étape de notre développement : la stratégie s’inscrit dans la continuité mais aussi dans le changement. Avec l’ambition de doubler de taille dans les dix prochaines années, il est en effet nécessaire d’organiser l’entreprise différemment  et de structurer sa croissance », indique le nouveau dirigeant qui vient d’un groupe de taille plus importante. Il remplace Grégory Louis qui devient directeur administratif et financier.

Avec le rachat de la société d’installation Azman, présente dans la vidéosurveillance, le contrôle d’accès, l’alarme et les défibrillateurs, Anaveo vient de réaliser sa cinquième acquisition en moins de trois ans (voir ETS n°631, 634, 648 et 674). Créée il y a plus de dix ans par Cédric Wizman, elle réalise un CA supérieur à 10 M€ avec une quarantaine de salariés. « Cette opération a été le premier projet que j’ai porté en arrivant dans l’entreprise. C’est une belle opportunité, car Azman complète notre couverture du marché grâce à son offre packagée tournée vers les petits commerces et TPE, et apporte son service de proximité », déclare Laurent Bellot.

Tout en ayant « encore un très large potentiel de croissance organique en France », Anaveo va continuer ses acquisitions « si elles s’avèrent en cohérence avec la stratégie qui consiste à poursuivre notre diversification technologique et de portefeuille de clientèle », ajoute le président. « Nous sommes très souvent sollicités pour examiner des dossiers de croissance externe », précise-t-il.

Très tourné à l’origine vers le segment de clientèle de la grande distribution, le groupe a élargi ses références à la logistique, l’industrie, le tertiaire, les concession automobiles ou les data centers. De même, il était uniquement actif dans la vidéosurveillance jusqu’en 2016, alors que les autres activités de sécurité électronique représentent désormais près de 30% de la croissance organique.

 

Prudence à l’international

« Nous avons eu tellement de développement à réaliser en France que l’international n’a pas été prioritaire jusqu’à présent, mais peut s’avérer une option intéressante d’ici cinq à dix ans, tant en croissance organique qu’externe », affirme Laurent Bellot.

Les ventes à l’étranger — essentiellement pour accompagner le développement international des clients français — ne sont pas encore significatives. « Nous avons des expériences en Europe et en Asie. A ce stade, nous sommes à l’études des opportunités », explique-t-il.

Anaveo a réalisé une année 2019 « excellente avec une croissance rentable », avec un carnet de commandes en augmentation de 20%. Pour 2020, la croissance sera toujours soutenue.

Appuyé depuis 2015 par le fonds d’investissement Bridgepoint (voir ETS n°602), il est probable que le tour de table change à plus ou moins court terme, vue la durée de sa présence dans le capital. « Nous bénéficions d’un actionnariat puissant, qui valide nos orientations stratégiques, nous apporte sa capacité rapide à structurer les acquisitions et sa réactivité dans les décisions importantes », souligne le président. Selon lui, aucune négociation n’est en cours en vue de son retrait. 

 

Laurent Bellot, un spécialiste de la distribution alimentaire

Nommé en octobre dernier à la présidence d’Anaveo, Laurent Bellot, 48 ans, a débuté sa carrière dans les secteurs de l’informatique et des télécom à différents postes de direction commerciale chez Alcatel puis chez SFR Business. En 2006, il a rejoint le groupe de restauration collective Elior, comme directeur régional sur le marché Entreprises.

Depuis 2011, il était membre du Comex du distributeur alimentaire Brake France en charge de la mise en œuvre du plan de croissance en tant que directeur régional délégué puis directeur général du réseau. Après l’acquisition de Davigel, il en prend la direction générale pour réaliser son redressement.

Après la cession du groupe Brake par Bain Capital au leader mondial de la distribution alimentaire Sysco, il contribue à la fusion avec Brake pour créer le 3e acteur des services alimentaires en France avec un CA de 1,5 milliard d’€ et 3 800 personnes.