Comme chaque année, le rapport de branche réalisé par le cabinet d’études Xerfi-I+C publie des résultats statistiques de la profession sur la base d’un échantillon restreint de sociétés, ce qui dénature la réalité.
Il s’appuie en effet sur 472 questionnaires exploitables (contre 524 pour la même étude de l’année précédente), soit 14% des entreprises employant au moins un salarié. Il en ressort que la profession aurait généré un CA de 7,95 milliards d’€ en 2019, en augmentation de 5%.
Ce chiffre est à comparer au CA de 29,95 milliards d’€ en 2019 (+3,8%) publié dans l’Atlas d’En Toute Sécurité qui –lui- s’appuie sur des informations collectées auprès de 1 536 entreprises de sécurité.
Le faible nombre de réponses récoltées par Xerfi-I+C aboutit à des conclusions totalement éloignées de la réalité économique sur certains créneaux de la profession, sans vraiment d’explication pour justifier ces distorsions.
L’écart le plus important concerne l’installation de systèmes de sécurité : il est indiqué un CA de 130 M€, alors que le leader — Spie — réalise à lui seul plusieurs centaines de M€ dans ce domaine. Dans l’Atlas d’En Toute Sécurité, le volume des ventes des sociétés de sécurité électronique (alarme, contrôle d’accès et vidéosurveillance) s’élève à 4,8 milliards d’€.
Avec la méthodologie de Xerfi-I+C, il est affirmé que le marché du transport de fonds s’inscrit à 15 M€, alors que le CA publié par les deux leaders dans ce domaine est respectivement de 328 M€ pour Brink’s et de 253 M€ pour Loomis. De façon plus exacte, l’Atlas publie un CA de 678 M€ dans le transport de fonds en France. Même phénomène dans la formation en sécurité où l’étude chiffre ce secteur à 25 M€ contre 417 M€ pour l’Atlas. Le rapport est de un à deux dans la protection rapprochée : 15 M€ chez Xerfi-I+C et 30 M€ chez En Toute Sécurité.
Des écarts significatifs, mais de moindre importance, peuvent être constatés dans la surveillance, l’intervention, la sûreté aéroportuaire et la télésurveillance. L’étude évalue le CA cumulé de la surveillance et de l’intervention à 5,86 milliards d’€, en progression de 5,5% par rapport à 2018. Pour sa part, l’Atlas distingue la hausse de 3,7% pour le gardiennage et la baisse de 0,2% dans l’intervention sur alarme.
Xerfi-I+C établit le CA de la télésurveillance à 1045 M€ (+8,5%), alors qu’En Toute Sécurité est plus précis en distinguant la télésurveillance professionnelle (350 M€ en hausse de 0,7%), la télésurveillance résidentielle (548 M€, +12,4%) et même la téléassistance (88 M€, +2,6%).
Les divergences sont fortes concernant la sûreté aéroportuaire où Xerfi-I+C indique un recul de 0,5% de l’activité contre une hausse de 6,1% pour l’Atlas d’En Toute Sécurité.
Des disparités apparaissent également concernant les effectifs de la branche, mais qui peuvent s’expliquer par le périmètre plus large étudié par l’Atlas : 183 000 salariés (+2,5%) selon Xerfi-I+C et 254.800 (+1,1%) selon En Toute Sécurité.
L’étude évalue les embauches à 175 900 en 2019 (dont 74% en CDD) et les départs à 171 400. Elle affirme que 46% des effectifs totaux se trouvent en Ile-de-France. L’ancienneté moyenne serait de 6,5 ans, identique au résultat de l’étude de l’année précédente et l’âge moyen de 40,5 ans contre 40 ans en 2018 (voir ETS n°684). La population féminine se stabilise à 14% des effectifs totaux. Enfin, la masse salariale s’inscrirait à 4,17 milliards d’€ en 2019 (+4,5%).