Le secteur des entreprises de services de sécurité et défense (ESSD) voit l’arrivée d’un nouvel acteur : Oriol Group. Ce cabinet, dont la création a été rendu officielle en septembre par l’ancien président et fon
dateur d’Erys Group, Arnaud Dessenne, est spécialisé dans le management des risques et l’assistance opérationnelle. Les ambitions de la société reposent essentiellement sur l’export de ses savoir-faire en prospectant les grands groupes étrangers et à l’international.
« Notre stratégie est très claire : présenter notre offre à des interlocuteurs en Chine, là où les ESSD ne sont pas ou peu allées. Le budget sûreté des entreprises chinoises est élevé et leur attente vers l’export, notamment en Afrique, est très forte. La sûreté à l’international ne fait pas partie de leur culture d’où leur demande d’une expertise française et européenne. Il y a là un créneau extrêmement porteur », explique Arnaud Dessenne, président et associé fondateur d’Oriol Group, lors d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
Clientèle issue du privé
Bien qu’en « discussion avec des clients étatiques », le portefeuille d’Oriol est majoritairement composé d’entreprises du secteur privé. « Cela englobe les grands groupes et les grosses ETI, dont le CA oscille entre 400 M€ et un milliard d’€ », précise Arnaud Dessenne. Outre cette clientèle et le tropisme chinois, Oriol opère dans une quarantaine de pays africains, tout le Moyen-Orient, les pays d’Europe de l’Est, la Russie, l’Eurasie et l’Asie du sud. Quid des continents nord et sud-américains ? Ce n’est pas envisagé, car il faut « se concentrer sur des marchés où on aurait une plus-value avec une position pragmatique et aller chercher de la croissance où on peut en réaliser », poursuit Arnaud Dessenne.
Oriol Group siège à Paris, compte 30 collaborateurs et possède des bureaux à Bruxelles, Moscou et Hongkong. Le cabinet n’a pas pour projet de se développer davantage en France. Le coût de création de l’entreprise, à hauteur de 1,3 M€ via des investisseurs privés, est considéré comme « conséquent ». A l’avenir, les partenariats, les acquisitions et le recrutement de nouveaux dirigeants ne sont pas exclus et sont en cours de réflexion.
Concernant les chiffres, Oriol Group table sur une perspective « prudente » de 3,5 M€ à 5 M€ de CA pour 2021, dont 70% à l’export.
Une nouvelle aventure commence donc pour Arnaud Dessenne : ancien directeur des activités sûreté de Geos, spécialisé dans le management des risques et l’intelligence économique, il avait fondé Erys Group en 2011 (voir ETS n°493). Il a quitté cette entreprise en mars dernier en raison de « points de vue stratégiques divergents » avec l’actionnaire majoritaire Stéphane Gérardin, lui-même co-fondateur et ancien président de Geos. Cette société a été rachetée fin 2018 par l’Adit (voir ETS n° 665, 668 et 672).
CNIM sera vendu par appartements
Le groupe industriel diversifié dans la sécurité devrait se scinder en deux pour être revendu, en raison d’importantes difficultés financières liées à la défaillance d’un de ses fournisseurs (voir ETS n°700).
CNIM pourrait ainsi être divisé entre le pôle innovation et systèmes qui comprend la sécurité au sein de la filiale Bertin Technologies et le pôle environnement et énergie. Un fonds d’investissement tiendrait la corde pour la reprise des premières activités et un groupe chinois pour les secondes. Cependant des démarches ont été faites auprès des pouvoirs publics pour empêcher ce démantèlement, en souhaitant une prise de participation temporaire de l’État.
D’ores et déjà, le groupe s’est engagé dans une profonde restructuration, se traduisant notamment par la cession de plusieurs actifs et la vente de son siège social, tandis qu’il a obtenu des prêts conséquents. L’activité sécurité (drones de surveillance, cybersécurité, etc.) a représenté un CA de 160 M€ en 2019 sur un total de 588,4 M€.
Preligens lève 20 M€
Earthcube, spécialiste des logiciels d’intelligence artificielle d’images satellitaires pour les services de renseignement, lève 20 M€ et se rebaptise Preligens à cette occasion.
L’apport de fonds provient notamment de Definvest, créé par le ministère des Armées et Bpifrance pour soutenir les start-up et PME de la défense, d’Ace Management et d’investisseurs privés. Le tour de table est 100% français, alors qu’In-Q-Tel, le fonds d’investissement de la CIA s’était intéressé au dossier. Une autre levée de fonds pour des montants plus importants pourrait avoir lieu d’ici deux ans.
Créée en 2016 à Toulouse, la société, dirigée par Arnaud Guérin, veut élargir ses sources de données à des images vidéo, des capteurs, des réseaux sociaux, etc. Preligens, qui emploie une cinquantaine de salariés, vise 200 collaborateurs d’ici deux ans. Son CA a été multiplié par quatre en 2019 et prévoit un rythme similaire cette année avec des clients en France, États-Unis, Royaume-Uni, de même que l’Otan ou l’Union Européenne.