Le nouveau challenge 
de Claude Tarlet chez Luxant

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Personnalité incontournable de la profession depuis plusieurs décennies, Claude Tarlet opère un virage à 180 degrés dans sa carrière : il est nommé président exécutif de Luxant Group, en charge de la stratégie, selon une information exclusive du journal En Toute Sécurité.

« J’accepte un nouveau challenge en rejoignant un groupe porteur de valeurs, ancré dans les territoires, et qui anticipe les métiers du futur dans la sécurité privée », explique le nouveau dirigeant, au cours d’une interview qu’il nous a accordée.

Claude Tarlet prend ses fonctions le 1er mars aux côtés de Benamar Bahlil, PDG du groupe, et d’Alain Ovadia, ancien propriétaire d’Octopus Sécurité, une société rachetée en 2020 par Luxant (voir ETS n°706) et encore actionnaire de cette structure. Cette nomination constitue une création de poste, qui était jugée nécessaire compte tenu de la taille acquise par le groupe.

« Il s’agit de la rencontre extrêmement forte avec deux entrepreneurs patrimoniaux, que je connais depuis de nombreuses années. Ce sont aussi des amis, ayant une philosophie et une approche similaires des miennes », indique Claude Tarlet, qui est par ailleurs président de la FFSP. « Ils sont animés d’une vision qui vise à transformer le modèle actuel de la profession, ce que je porte également depuis des années », ajoute-t-il.

 

Grandes ambitions

« C’est une alliance stratégique naturelle. Claude connait tous les aspects de notre profession et possède une solide expérience. Nous travaillons dans une confiance mutuelle totale. C’est une belle aventure qui commence », nous déclare pour sa part Benamar Bahlil.

Claude Tarlet a pour mission de « faire transpirer toute la stratégie à l’échelle du groupe et de ses filiales, et pas seulement pour la surveillance humaine », poursuit le PDG. Il laisse entendre que ce recrutement pourrait être suivi par d’autres.

Luxant travaille sur de « beaux projets » et affiche de « grandes ambitions pour l’avenir », ajoute Benamar Bahlil.

Luxant, actif dans de nombreux métiers de la sécurité, est un groupe « qui possède tous les atouts requis pour devenir un champion français, notamment parce qu’il est présent sur toute la chaine de valeurs de notre profession », affirme le tout nouveau président. « J’ai hâte de contribuer à la nécessaire transformation de la sécurité vers ses métiers futurs ».

« Forts des résultats obtenus, nous allons consolider la croissance du groupe et développer une identité forte. Notre ambition est de faire du groupe un champion français », déclare Claude Tarlet.

Symbole de cette transformation, le groupe va prochainement inaugurer son nouveau siège social dans les Hauts-de-France.

 

Un pilier de la profession depuis les années 80

Autodidacte, homme d’influence, orateur hors pair et fin négociateur, Claude Tarlet, 68 ans, est actif dans la sécurité privée depuis 45 ans, comme dirigeant d’entreprises de sécurité et à la tête d’organisations patronales.

Il débute sa carrière dans la profession en 1977 comme directeur commercial dans un groupe anglais de sécurité avant de fonder la société de gardiennage SOS Sécurité un an plus tard. Egalement présente en télésurveillance et employant environ 250 collaborateurs, elle a réalisé un CA qui est monté jusqu’à 7 M€.

En 1981, Claude Tarlet fonde la société Sneb, reprend OPS six ans plus tard, de même qu’une entreprise d’espaces verts en 1991 et le groupe de presse Semap en 1993. En 2012, SOS Sécurité effectue le rachat de Forestall Security et trois ans plus tard, Claude Tarlet cède son entreprise à Groupe France Service. Par la suite, il crée la société Intra Sécurité.

Parallèlement, Claude Tarlet s’investit dans l’action patronale. Président du SNET (télésurveillance) depuis 1992 et vice-président du SNES, il est élu président de cette organisation en 1996 (voir ETS n°167). Secrétaire général de l’UFISS (Union fédérale des industries et services de sécurité) depuis sa création en 1992, il en devient président en 1999 pour un mandat de deux ans (voir ETS n°233). Claude Tarlet démissionne de la présidence du SNES en 2003 et réactive le syndicat Prosecur qui est rebaptisé USP (voir ETS n°337), dont il devient le président.

Il a été l’instigateur et le président de l’Anaps (Alliance Nationale des Activités Privées de Sécurité) qui est né en janvier 2013 avec cinq membres fondateurs (USP, Fedesfi, Snarp, SESA et GPMSE Télésurveillance) avec la volonté de fédérer des idées et d’être un outil de lobbying (voir ETS n°537). En 2017, l’Anaps est rebaptisée Fédération Française de la Sécurité Privée (voir ETS n°637), tandis que Claude Tarlet participe au rapprochement de l’USP et du SNES qui donne naissance au GES en juin 2019 (voir ETS n°678).

Enfin, il a été premier vice-président de la Confédération européenne des services de sécurité (CoESS) de 2008 à 2012 et président du comité sécurité du Medef de 2015 à 2018.

 

Luxant : un leader récent

Avec le rachat d’Octopus Sécurité en octobre 2020 qui était de taille plus importante que lui (voir ETS n°706), Luxant s’est hissé dans le peloton de tête de la surveillance humaine. Le groupe pèse en effet environ 130 M€ avec une place prépondérante dans le gardiennage, son métier d’origine. Néanmoins, Luxant affiche la volonté de devenir un acteur global : en 2013, il créé la filiale Luxant Technologies, dédiée à la sécurité électronique et aux drones de surveillance, alors qu’un PC de télésurveillance est mis en place (voir ETS n°554). Le groupe est également présent dans la formation, l’accueil, la cybersécurité et dispose d’un pôle recherche et développement.

Fondée en 2001 et présidée par Benamar Bahlil, l’entreprise s’est tout d’abord appelée E2S (Evolution service Sécurité) pour prendre son nom actuel en 2012. Présente à ses débuts sur les segments de la grande distribution, du tertiaire ou des salles de cinéma, la société s’est ensuite développée dans l’industrie, notamment les sites Seveso, mais aussi dans les hôpitaux, les ambassades, les musées ou l’hôtellerie de luxe.

Octopus était évidemment la plus importante acquisition effectuée par Luxant : à l’époque l’entreprise réalisait un CA de 71 M€ avec 2 200 personnes. Créée en 1983 sous le nom de SNGST par Roland Collet, la société travaille beaucoup pour des grands comptes publics. Le décès du dirigeant en 2016 (voir ETS n°614 et 615) incite son épousé à vendre SNGST, ce qui sera fait l’année suivante avec le repreneur CMS Group, dirigé par Alain Ovadia (voir ETS n°641).