Le GES entre dans sa phase opérationnelle

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Avec son premier congrès, qui s’est tenu à La Baule du 28 au 30 octobre, le GES — résultat de la fusion de l’USP et du SNES en juin dernier (voir ETS n°678) — est entré véritablement dans sa phase opérationnelle.

« Nous sommes en ordre de marche et notre stratégie est claire. La situation n’a jamais été aussi favorable pour que notre profession change vraiment : il faut maintenant passer aux actes pour que notre écosystème soit transformé en profondeur », à déclaré Frédéric Gauthey, son président, au cours d’une interview exclusive accordée à En Toute Sécurité. Il a dressé une feuille de route précise qui commence dès le 5 novembre : c’est en effet la date butoir pour parvenir à un accord avec les organisations syndicales de salariés concernant les négociations salariales. Les rémunérations augmenteraient du montant de l’inflation en 2020 et 2021 puis la masse salariale progresserait de 10% en 2022. Une proposition d’une ampleur quasi sans précédent. « Il est inadmissible que la moitié des agents de sécurité soient payés au Smic » a martelé le président du GES. « La mutation de la profession est urgente et impérieuse », a renchéri Stéphane Volant, président du CDSE.

Le timing est serré, selon Frédéric Gauthey. « Une absence de loi sur la sécurité avant la fin 2020 compromettrait la bonne tenue des Jeux Olympiques de 2024 sur ce plan. Cela implique que la transformation législative soit achevée en 2021 pour être opérationnelle l’année suivante », analyse-t-il. Le GES a élaboré une liste de propositions « ambitieuses » sur le plan économique, humain et sur le continuum de sécurité qui a déjà été transmise aux pouvoirs publics afin qu’elles soient prises en compte dans le futur Livre Blanc sur la sécurité intérieure dont le travail de réflexion a commencé début octobre.

Laurent Nuñez, présent au congrès de La Baule, lui a répondu clairement : « La sécurité privée est un acteur à part entière et doit jouer un rôle croissant. Il faut une coopération plus forte et plus opérationnelle avec les forces régaliennes dans un partenariat plus poussé et plus exigeant ». Le Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur a voulu rassurer l’assistance en affirmant que le GES serait associé aux réflexions sur le Livre Blanc. Il a d’ailleurs annoncé que celui-ci serait composé de quatre volets : l’organisation des forces régaliennes, leurs moyens, l’emploi des nouvelles technologies et le continuum de sécurité. Ce dernier dossier, qui sera piloté par le préfet Philippe Galli, concerne les relations entre forces régaliennes, polices municipales et la sécurité privée mais aussi des acteurs comme les bailleurs sociaux, les transporteurs ou les centres commerciaux, a expliqué Laurent Nuñez.

 

Une organisation bientôt représentative

Le GES a fait le point sur le travail accompli depuis sa création en juin dernier. L’organisation semble assurée d’être reconnue comme représentative de la profession auprès du ministère du Travail. Elle a adhéré à la CPME, de même qu’au Medef dont le président Geoffroy Roux de Bézieux est d’ailleurs intervenu au congrès pour féliciter le GES de ce nouveau renfort.

Un site internet est opérationnel depuis fin octobre, des locaux ont été trouvés depuis quelques semaines et deux permanent recrutés (Cédric Paulin et Laurence Bualé) en attendant l’arrivée d’un juriste d’ici la fin de l’année. Le GES, qui fait appel à un lobbyiste, a renouvelé les représentants de la profession au collège du Cnaps. Il s’agit de Frédéric Gauthey, Luc Guilmin, Geoffroy Castelnau et Abdelhamid Faddeoui.

L’organisation a fait passer le message qu’elle voulait rassembler des entreprises appartenant au périmètre réglementé de la sécurité et donc étendre son action au-delà de la surveillance humaine : la protection rapprochée et les agents de recherche ont même été cité. Jacques Lefranc, président  de SEF Protec, a d’ailleurs déclaré au cours du congrès qu’il était favorable à la participation de son organisation à des groupes de travail sur des sujets communs.

GES, qui a déjà tenu six conseils d’administration et six bureaux depuis sa naissance, compte dix entreprises de grande taille, quinze moyennes et 120 petites, mais seulement moins d’une dizaine provenant de l’USP.

Selon les informations recueillies par En Toute Sécurité, Frédéric Gauthey devrait se présenter pour le mandat de président qui débutera à la fin de l’année, celui actuel étant provisoire. Par ailleurs, il ne semble pas que GES adhérera à la FFSP (Fédération française des entreprises de sécurité), certains de ses membres ayant l’intention de démissionner si cela se produisait. Ce sujet délicat sera à l’ordre du jour d’un prochain conseil d’administration du GES.