Le fonds Capza va prendre le contrôle d’Eurofeu

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Le groupe de sécurité incendie, qui figure parmi les dix premiers du secteur en France, devrait passer à la fin de ce mois — sous réserve des conditions suspensives — sous le contrôle du fonds d’investissement Capza dans le cadre d’une opération de LBO.

Michel Lahouati, président d’Eurofeu, va céder la place à Eric Hentges, ancien directeur d’Otis pour la région Ile-de-France, qui a occupé auparavant d’autres postes de management dans le groupe UTC.

« Nous sommes dans un schéma de transmission en douceur, car je m’inscris dans la continuité de la stratégie menée par Michel Lahouati. Le LBO est organisé selon un plan de cinq ans mais mon projet pour Eurofeu va bien au-delà », explique Eric Hentges, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.

Capza, un fonds d’investissement français soutenu par Axa et présidé par Christophe Karvelis-Senn, va devenir majoritaire dans Eurofeu, tandis que Michel Lahouati et sa famille détiendront une participation significative, suivi par Eric Hentges, mais aussi Philippe de Panthou, actuel directeur général qui accompagne la reprise pendant 18 mois, et près d’une centaine de cadres d’Eurofeu.

Le cabinet de fusions-acquisitions Linkers et Eurodeals, un cabinet de fusions-acquisitions spécialisé de longue date dans le domaine de la sécurité, ont été conseil dans cette opération.

« Nous avons des projets très ambitieux par croissance organique, complétée par des acquisitions en France, où nous examinerons toutes les opportunités pour densifier notre parc de matériels — extincteurs, BAES, etc. — et pour nous renforcer dans les systèmes comme la détection incendie ou le désenfumage », annonce Eric Hentges.

L’entreprise familiale avait déjà effectué quelques acquisitions, notamment celle de Parfeu en 2012, qui était son plus gros distributeur avec un CA de 13,5 M€ à l’époque (voir ETS n°524). Michel Lahouati nous expliquait à ce moment-là que la croissance externe lui permettrait notamment de renforcer le maillage territorial (voir ETS n°534).

« Nous allons nous appuyer sur les forces d’Eurofeu — notamment sa capacité d’innovation, sa maîtrise de la chaîne de valeurs —pour accélérer », explique le futur dirigeant du groupe en estimant que celui-ci est déjà « bien structuré ».

Le développement à l’international — ­ actuellement en Europe, Afrique et Moyen-Orient — sera également poursuivi : jusqu’à présent cantonné à la vente d’extincteurs à l’étranger, le groupe voudrait se lancer dans les services en Europe. En revanche, une diversification dans la sécurité électronique n’apparait pas comme un axe prioritaire.

Eurofeu, qui emploie plus de mille salariés pour un CA de 105 M€ en 2019, est le premier fabricant d’extincteurs en France (plus de 3000 par jour) et commercialise également des matériels de détection, d’extinction automatique, de désenfumage, de signalisation, de secours. Le groupe effectue également des prestations de formation et a une petite activité d’installation de systèmes de sécurité électronique.

L’entreprise dispose d’un portefeuille de 86 000 clients et de deux millions de matériels en maintenance. Elle occupe plus de 21 000 m² de sites de production et d’entrepôts et a noué des partenariats avec plus de 500 distributeurs dans le monde.