proposant une offre plus pointue.
« Mobotix n’est plus un simple fabricant de matériel, mais aussi un développeur de solutions logicielles avec une proposition de plateforme intégrée pour permettre à nos utilisateurs de gérer leurs données et d’augmenter leur niveau d’analyse », déclare, Philip Antoniou, vice-président en charge des ventes pour la région EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité, lors de son passage à Paris.
« En 2021, nous avons lancé un nombre de solutions encore jamais atteint, intégrant de l’intelligence artificielle et pour des applications verticales », affirme-t-il. Au quatrième trimestre fiscal (juillet-septembre), les ventes de solutions verticales ont augmenté de 4,4% par rapport à la même période de l’année précédente.
La part des applications tournées exclusivement vers la sûreté est en diminution et devient désormais minoritaire, précise le vice-président en citant des solutions pour le comptage de personnes, le marketing, la mesure de température, la gestion d’événements, etc.
Dès leur conception, les caméras peuvent être dédiées à une application pour un segment de marché particulier, grâce à l’ajout de logiciels permettant de nouvelles fonctionnalités, conçus par Mobotix et/ou ses partenaires. Le groupe, qui propose plus de quarante modèles de caméras, en fabrique plus de 100 000 par an.
Mobotix consacre près de 13% de son CA à la R&D et va augmenter encore ses efforts. Il veut donner la priorité aux intégrateurs et distributeurs à valeur ajoutée plutôt qu’aux revendeurs de produits standardisés. « Nous serons davantage à l’écoute de nos partenaires et des utilisateurs finaux », ajoute Philip Antoniou.
La France est considérée comme un marché « important » pour Mobotix qui a décidé d’y investir. Cela s’est traduit par le déménagement pour des locaux d’une surface deux fois plus grande et par de nouveaux recrutements. « Nous estimons que la France a un fort potentiel de développement, notamment sur les applications élaborées et sensibles », indique le vice-président, en citant les prochains grands événements sportifs de 2023 et 2024.
L’impact économique de l’amende en France
Condamné en novembre dernier par les autorités françaises de la concurrence à une amende de 644 757 € pour entente sur les prix et restriction à la vente en ligne (voir ETS n°730), le groupe allemand a décidé de faire appel. Il affirme que les pratiques visées par le jugement et portant sur la période 2011-2017 ont été modifiées en 2018 et ne sont donc plus utilisées.
Néanmoins, Mobotix va faire une provision de 0,7 M€ dans les comptes de son exercice achevé en septembre dernier, si bien qu’il abaisse une nouvelle fois ses prévisions de bénéfice opérationnel : celui-ci devrait désormais atteindre 0,3 M€ contre une estimation de 1 M€ publiée en octobre dernier. Au mois de mai dernier, il avait affiché une première prévision comprise entre 1,5 M€ et 2,5 M€.
Habitué à des croissances à deux chiffres (+10,7% en 2020 par exemple), l’entreprise a affiché un CA en net recul en 2021 : selon ses premières estimations, il est retombé à 61,3 M€, en retrait par rapport à son objectif initial compris entre 62 et 64 M€, et surtout en recul par rapport au CA de 67,9 M€ réalisé en 2020.
En octobre dernier, Mobotix expliquait cette situation par une baisse de la demande pour les caméras thermiques à la suite des campagnes massives de vaccination anti-covid, tandis que des commandes reçues pour 1,1 M€ n’ont pas été livrées. Pourtant, Konica Minolta, son actionnaire majoritaire depuis 2016 (voir ETS n°651 et 658) s’est engagé en août dernier à acheter d’ici mars 2022 au moins pour 11 M€ d’équipements Mobotix.
Le groupe devait publier ses résultats définitifs fin novembre, mais cela n’a pas été le cas.