La nouvelle stratégie innovante de SNGST

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Mourad Chenaf, directeur général, veut forger une culture d’entreprise tournée vers la satisfaction du client”.

La société de gardiennage SNGST, passée en juin dernier sous le contrôle majoritaire d’Alain Ovadia, PDG du groupe high tech CMS Group, va miser sur l’innovation pour se différencier de la concurrence, annonce ce dernier au cours d’un entretien ­exclusif ­accordé à En Toute Sécurité.

« Nous n’allons pas bouleverser les structures de SNGST mais rajouter une couche multi-média à l’entreprise. Nous apportons notre savoir-faire dans les outils informatiques pour améliorer ses performances. La digitalisation des process, c’est davantage qu’une volonté, c’est mon métier, mon ADN », explique le nouveau président du conseil d’administration

Dans l’optique de remettre SNGST en ordre de marche, plusieurs recrutements ont été effectués. Depuis le 1er octobre, le directeur général est Mourad Chenaf, un ancien de l’armée de l’air affecté au contrôle aérien de 1980 à 1995, qui est ensuite devenu magistrat jusqu’en 2008 pour être nommé sous-préfet en Bourgogne et Ardennes et enfin conseiller à la Cour d’appel de Paris.

 

Assainir les relations sociales

Par ailleurs, un directeur administratif et financier et un directeur du développement et de l’innovation ont été mis en place, de même que deux chefs de projets : un ayant une approche transversale et l’autre sectorielle. Enfin, un comité stratégique est en cours de création et un audit a été réalisé, notamment pour expertiser les compétences de chacun.

« Je suis attaché à assainir les relations sociales : nous sommes en train de construire des relations de confiance avec les organisations représentatives du personnel », souligne Alain Ovadia qui se dit un homme de communication et de réseau ouvert. Après avoir consolidé le portefeuille clients, SNGST va répondre à davantage d’appels d’offre et se tourner vers de nouveaux segments de clientèle, comme les sites stratégiques.

Aujourd’hui, SNGST travaille majoritairement pour des comptes publics, à l’instar de SNCF, RATP, des préfectures, des universités, mais aussi pour Carrefour ou Aéroports de Paris.

Le groupe, qui est présent en Ile-de-France et à Lens, n’exclut pas d’étendre sa présence géographique en province dans un second temps. Il est possible qu’il déménage son siège social « afin d’instaurer de nouvelles méthodologies ». En revanche, la question n’est pas encore tranchée concernant un éventuel changement de nom ou une ­expansion internationale.

« Nous allons forger une culture d’entreprise tournée vers la satisfaction du client », insiste Mourad Chenaf qui se définit comme le « pilote de la réorganisation de l’entreprise ».

 

Vision à long terme

La sécurité électronique est considérée comme un « axe stratégique primordial dans l’optique d’apporter une solution complète aux clients », explique le directeur général. Jusqu’à présent, SNGST est uniquement présent en gardiennage — où il figure parmi les quinze premiers selon le classement de l’Atlas d’En Toute Sécurité —, en formation et dispose d’environ 700 raccordements en télésurveillance. SNGS, la filiale de formation, va d’ailleurs proposer des prestations plus larges.

« J’ai une vision à long terme. Je ne suis pas à la tête de SNGST pour faire un coup, pour révolutionner le marché ou pour peser plus de 500 M€ dans la sécurité. Je veux apporter mon expertise pour que l’entreprise retrouve du dynamisme et améliore sa rentabilité », affirme Alain Ovadia. SNGST ne sera pas en perte cette année et pourrait voir son CA baisser légèrement, de l’ordre de 2 à 3 M€. L’objectif 2018 est de retrouver la croissance (environ +15%) et d’améliorer la marge grâce à des gains de productivité et une meilleure organisation.

Bénéficiaire depuis plusieurs années, le groupe a réalisé un CA de 56 M€ en 2016 pour des effectifs de 2 000 salariés.

Co-fondateur avec sa femme de SNGST en 1983, Roland Collet cultivait la discrétion et une conception traditionnelle du management. A tel point que SNGST est la seule société de gardiennage de cette taille à ne pas avoir de site internet. Roland Collet avait néanmoins accordé plusieurs interviews à En Toute Sécurité, notamment à l’occasion de sa première acquisition, intervenue en 2010, en l’occurrence le rachat des actifs d’Angelis, alors en redressement judiciaire (voir ETS n°469 et 475). L’année suivante, il annonçait un renforcement de l’organisation (voir ETS n°510).

Figure emblématique de la profession, Roland Collet est décédé en juin 2016 (voir ETS n°614). C’est alors Marie-Claude Duarte Collet qui a repris la présidence de l’entreprise (voir ETS n°615). Aujourd’hui, elle reste membre du conseil d’administration.