Mohand Foughali : “Nous avons décidé de nous lancer dans la croissance externe et de développer plusieurs niches de marché”.
La société de surveillance humaine diversifiée dans plusieurs secteurs de la sécurité s’organise pour proposer une offre globale, annonce Mohand Foughali, directeur général d’Artemis Group, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
« Notre stratégie change : nous avons par exemple décidé de nous lancer dans la croissance externe et de développer plusieurs niches de marché afin d’atteindre un CA de 50 M€ fin 2020, que nous considérons comme une taille critique », explique le dirigeant. Le groupe a ainsi effectué en juillet dernier la première acquisition depuis sa création en 1997 (voir ETS n°680) : le rachat de Pro Incendie, dont le CA est de 1,1 M€, a ainsi permis de renforcer le pôle anti-incendie qui pesait seulement 0,6 M€.
Deux dossiers d’acquisition en cours
« Nous travaillons sur deux dossiers d’acquisition qui sont bien avancés et pourraient être finalisés d’ici la fin de l’année », révèle le directeur général. L’une concerne une société de gardiennage implantée à Marseille, une région où le groupe estime ne pas être suffisamment présent, l’autre une société de sécurité incendie spécialisée dans la détection de gaz.
« De nombreuses sociétés de sécurité veulent être rachetées, mais il n’en existe pas beaucoup de vraiment intéressantes », estime Mohand Foughali. « Nous avons les moyens de financer notre croissance, car nous dégageons des marges raisonnables en dépit de l’ambiance morose de la profession », ajoute-il en précisant que le groupe dispose aussi d’appuis bancaires depuis plusieurs années, ce qui représente une enveloppe « importante ». Il n’y a pas de limite au développement du groupe, mais il n’est pas question de brader les tarifs, assure le directeur général.
« Dans la télésurveillance, nous avons choisi de créer notre propre PC, de type Apsad P3, qui est en cours de finalisation dans nos locaux. Nous avons l’intention d’augmenter rapidement le nombre de raccordements », souligne-t-il. Artemis dispose d’un parc de près de 700 raccordements qui sont actuellement gérés par Sector Alarm (anciennement Afone) et Domoveil.
Artemis veut se développer dans la sécurité électronique où il estime être encore trop petit, y compris par acquisition. Il réfléchit également à la création d’une filiale dédiée à l’événementiel, un créneau qu’il a investi depuis trois ans, avec des références comme l’Euro 2016, la route du Rhum en 2018 et la Coupe du monde féminine de football pour les matchs à Rennes et Valenciennes cette année.
« Notre objectif est de faire jouer les synergies entre nos différentes activités », affirme le directeur général. C’est ainsi que la filiale d’intervention sur alarme a dépassé le M€ en quelques années seulement, tout comme les prestations d’accueil. Le portefeuille de clients est majoritairement composé de sites industriels — un segment en expansion notamment grâce à la certification Mase obtenue voici quatre ans —, d’une cinquantaine de complexes cinématographiques, de tours IGH, de sites logistiques, etc. La grande distribution pèse de moins en moins — de l’ordre de 35% — et l’entreprise ne répond pas à des appels d’offres publics.
Par ailleurs, le groupe familial présidé par Laurent Duez examine des opportunités de développement au Maroc et en Belgique.
Pour ces décisions, il s’appuie sur l’expertise d’un comité stratégique de développement, composé de plusieurs experts venus d’horizons différents : avocat, industriel, investisseur, personnalité de l’administration, etc.
Artemis, qui emploie 1500 collaborateurs, a réalisé un CA de 34,6 M€ en 2018 assorti d’un résultat net de 1,65 M€. Pour cette année, il vise 38 M€ avec un bénéfice net équivalent.