L’inspecteur général de l’armée de l’air à la sûreté de la Société Générale

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Antoine Creux aura la responsabilité d’une direction qui fédèrera les métiers de la sécurité-sûreté

Antoine Creux, inspecteur général de l’armée de l’air et ancien directeur de la DPSD, devrait prendre la direction de la sécurité et de la sûreté de la Société Générale début octobre, apprend En Toute Sécurité de source sûre. Ce recrutement n’est pas encore officiel cependant.

Contactée par la rédaction du journal, la direction de la banque n’a d’ailleurs pas voulu commenter ce sujet.

Il s’agit en effet d’une question délicate, car cette création de poste vise à regrouper sous la houlette de ce nouveau responsable plusieurs directions jusque-là autonomes les unes par rapport aux autres. Antoine Creux aurait ainsi sous sa responsabilité la gestion de crise, la sécurité physique, la sécurité informatique, la sécurité à l’international, la sécurité financière, la veille et peut-être aussi l’intelligence économique qui n’est pas formellement organisé à ce jour. Il existe également un service sécurité des immeubles de direction et un autre service pour les agences bancaires.

Inutile de préciser que toutes ces fonctions sont actuellement entre les mains de personnalités dépendant de diverses directions (la gestion de crises est située à la direction des risques, par exemple) si bien que le futur dispositif impliquerait une perte d’autonomie et une refonte des méthodes de travail.

C’est donc Frédéric Oudéa en personne, PDG de la banque, qui a conduit ce dossier : il a choisi Antoine Creux après avoir fait appel au cabinet Jouve & Associés, spécialisé dans le recrutement de cadres dirigeants, qui avait sélectionné dans un premier temps des préfets, des militaires et gendarmes hauts gradés. Le président de la Société Générale a préféré faire appel à un cabinet de recrutement avec lequel il a l’habitude de travailler plutôt que de recourir à un cabinet spécialisé dans les managers de sécurité comme Stanton Wallace, par exemple.

Le recrutement d’Antoine Creux constitue une approche originale, car il serait le seul directeur sécurité-sûreté provenant de l’armée de l’air, à la notable exception de Christophe de Cugnac qui est directeur sécurité de Dassault Aviation.

En outre, cette approche fédératrice de toutes les questions de sécurité sous la houlette d’une seule personne va plutôt à l’encontre de la tendance observée dans d’autres banques. Si BNP Paribas et HSBC ont par exemple adopté cette stratégie dans le passé, il semble bien que ces deux réseaux bancaires aient désormais changé d’approche. Tout comme des entreprises d’autres secteurs.

 

Une carrière militaire au sommet

La prochaine arrivée d’Antoine Creux à la Société Générale représente une nomination emblématique, car il s’agit d’un des plus hauts gradés en France. Sa nomination intervient notamment après celle de Denis Favier, directeur général de la gendarmerie nationale et ancien responsable du GIGN à la direction sûreté de Total en septembre 2016 (voir ETS n°613). Quelques mois plus tard, Emile Perez, qui dirigeait la Direction de la coopération internationale du ministère de l’Intérieur, avait pris la direction de la sécurité d’EDF en février dernier (voir ETS n°626).

Ingénieur en aéronautique, diplômé de l’Ecole de Guerre et de l’IHEDN, le général Antoine Creux a tout d’abord été pilote de chasse pendant 17 ans, avant d’être nommé en 2000 chef d’état-major de la défense aérienne et des opérations aériennes, avec pour mission de garantir la sûreté permanente de l’espace aérien national et de planifier et conduire toutes les opérations aériennes. En 2004, il passe sous-directeur des affaires stratégiques puis directeur des relations internationales à l’état-major des armées en 2007.

Sa carrière connait une nouvelle étape en 2010 avec sa nomination comme directeur central de la protection et de la sécurité du ministère de la défense (la fameuse DPSD), dont les effectifs étaient de 1 100 personnes. Fin 2012, il est promu major général de l’armée de l’air où il dirige l’état-major. Depuis 2015, il était inspecteur général de l’armée de l’air où il a conduit plusieurs audits (transformation digitale, coopérations en Afrique, etc.).

Le général cinq étoiles a pris sa retraite en août dernier. Son pot de départ a eu lieu au musée de l’Air au Bourget avec un défilé de 150 militaires, la présence d’un Mirage 2000 et d’un Rafale, ce qui a provoqué un article ironique dans la presse.