L’Etat prépare la sécurité des Jeux Olympiques de 2024

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La sécurité des Jeux Olympiques de Paris en 2024 représentera un budget global de 6,8 milliards d’€ a annoncé Pierre Lieutaud, coordinateur national à la sécurité des Jeux au ministère de l’Intérieur, au cours de la première conférence de presse sur le sujet qui s’est tenue à la mi-juin durant le salon Eurosatory à Villepinte.

A ce jour, le dispositif prévu devrait comprendre 35.000 policiers et gendarmes, 10 000 militaires, 20 0000 agents de sécurité privée (selon une première estimation, contre 13 000 durant l’Euro 2016) et 3 500 personnels de la sécurité civile (pompiers, secouristes, démineurs).

L’évolution des menaces pourrait conduire à une mobilisation plus importante de certaines catégories de personnel. Divers experts proches du dossier affirment que la sécurité privée pourrait être davantage mise à contribution. Certains jours et en fonction du nombre d’épreuves sportives ou d’événements, le contingent pourrait monter jusqu’à 30 000 agents, sur un total de 160 000 actuellement en poste.

Les J.O. qui se dérouleront sur 50 sites en région parisienne (dont le village olympique à Saint-Denis) et dans plusieurs villes de province, devront offrir une cohérence des mesures de sécurité sur tous les lieux, a indiqué Pierre Lieutaud. Il a annoncé quatre enjeux majeurs : le recours à des technologies de sécurité « déjà testées en conditions opérationnelles sévères », une homogénéité des dispositifs (moyens et procédures) par famille de sites, une adaptation des textes juridiques pour l’utilisation de certaines technologies (notamment pour la reconnaissance faciale qui est aujourd’hui sévèrement encadrée) et une adaptation aux contraintes budgétaires. Il a ainsi rappelé que le budget des J.O. de Londres avait largement dérapé, en raison d’ajustements de dernière heure, après la défection du prestataire en sécurité privée.

Les J.O. accueilleront 8 millions de personnes sur les sites, auxquels s’ajouteront 17 000 athlètes, 20 000 journalistes, 70 000 volontaires et un total de 300 000 personnes accréditées. Le transport des spectateurs sur les lieux des épreuves sera gratuit, suite à un accord avec la RATP et la SNCF. Des voies de circulation olympiques — sur le modèle des couloirs de bus — seront créées, d’une longueur totales de 366 km. Si les Jeux proprement dits auront lieu du 26 juillet au 11 août, le parcours de la flamme olympique débutera dès le mois d’avril, ce qui nécessitera des mesures de sécurité particulières, alors que les jeux paralympiques se dérouleront du 4 au 15 septembre.

 

Un enjeu considérable pour la sécurité privée

Tous les grands événements sportifs qui auront lieu en France avant les J.O. de 2024 (golf, rugby, handball, football féminin, etc.) devront répondre aux mêmes critères de sécurité, tandis que des mesures spéciales seront prises pour des événements comme la Fête de la musique et la Nuit Blanche.

Par ailleurs, Christophe Delaye, chef du projet 2024 à la préfecture de police, a insisté sur la dimension fluviale des Jeux : épreuves sportives sur la Seine, événements sur les berges du fleuve, ce qui va nécessiter un aménagement du trafic fluvial.

Les intervenants ont tous souligné que les J.O. constituent un « enjeu considérable » pour la sécurité privée, qui devra améliorer son niveau de qualification, notamment par une formation plus poussée et l’usage de technologies pointues. 

De leur côté, les industriels de la sécurité ont assuré travailler d’ores et déjà sur des technologies clés qui seront utilisées au cours de l’événement, comme la biométrie multimodale à la volée, les sas de contrôle à accès rapide, la vidéosurveillance intelligente et les agents connectés.