Jean-Christophe Chwat : « Je lance un appel au rassemblement

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Le nouveau président de la Fédération française de la sécurité privée, élu le 15 mars dernier (voir ETS n°738), a réservé sa toute première interview à En Toute Sécurité. Il nous dévoile ses orientations, les grandes lignes de son action et ses objectifs.

 

En Toute Sécurité – Votre action va-t-elle se situer dans le prolongement de la politique menée jusqu’à présent par Claude Tarlet, votre prédécesseur ?

Jean-Christophe Chwat – Ma présidence sera celle du renouveau et du rassemblement.

Renouveau, car il faut que les organisations et entreprises de sécurité privée soient ancrées dans le 21e siècle pour pouvoir faire face aux bouleversements qui traversent actuellement le monde : chaque année connaît une crise nouvelle après les gilets jaunes, puis le Covid-19, nous redécouvrons avec horreur la guerre aux portes de l’Union Européenne.

Ce sont des challenges auxquels les entreprises de sécurité privée doivent faire face ! La FFSP ainsi que ses membres sont et seront aux côtés des entreprises de sécurité privée pour faire face aux défis de notre temps.

Rassemblement, car notre famille a été trop souvent éparpillée. Mon ambition première est de rassembler toute la sécurité privée afin qu’elle ne parle que d’une seule voix. La FFSP n’empiétera pas sur le domaine réservé de ses organisations adhérentes. Il faudra nous voir comme une maison commune qui discutera des enjeux transversaux de tous les métiers de la sécurité privée. Je serai aux côtés de toutes les organisations patronales adhérentes pour les aider et non pour les remplacer.

 

ETS – Quelles seront les orientations de la FFSP ?

  1. C. C. – A notre époque, un président de fédération patronale ne peut décider seul des orientations de son organisation. Nous allons mettre en place des groupes de travail sur des sujets transverses comme par exemple l’utilisation des nouvelles technologies dans la sécurité privée et pour réfléchir concrètement à la politique à mettre en œuvre dans les métiers de la sécurité privée.

Je suis un passionné de sport qui aime mettre le collectif au profit de l’intérêt de tous. Je proposerai à ce collectif de rebâtir une relation de confiance et d’influence avec l’Etat, sur le modèle de ce que nous avons fait en travaillant sur la copie du gouvernement en ce qui concerne la réforme du CNAPS.

Par ailleurs, je veux que la sécurité privée soit entendue et qu’elle soit synonyme d’une activité noble. Je veux que chaque salarié qui travaille dans la sécurité privée soit fier de faire partir de cette « industrie ». La sécurité privée est un rouage essentiel de notre société, nous l’avons vu durant la crise du Covid : sans nous, la société aurait eu du mal à tourner. Nous étions aux avant-postes de la société lors de cette crise majuscule. C’est pour cette raison que je veux améliorer l’image de la sécurité privée et en faire un atout pour les clients. Mon ambition est d’aider ce secteur à monter en gamme pour vendre à des prix qui permettent de fournir de la qualité aux clients. La confiance sera le maître mot de ma présidence.

 

ETS – La Fédération n’a pas réussi à rassembler la totalité des organisations patronales de la sécurité. Comment allez-vous convaincre GES, SESA, Ufacs et Fedesfi d’y adhérer ou même d’y revenir, car certaines d’entre elles ont démissionné ?

  1. C. C. – Je lance un appel au GES, au SESA, à l’Ufacs et à Fedesfi. Rejoignez la FFSP : c’est votre fédération et elle vous fera toute la place que vous méritez ! Adhérer à la FFSP ce n’est pas s’effacer mais c’est profiter d’un effet de synergie et d’un collectif. Chaque organisation conservera son périmètre qui sera respecté strictement et scrupuleusement par la FFSP.

Je rêve d’une FFSP où les métiers de ressources travailleront avec les métiers de technologie. C’est la sécurité privée de demain, nous avons le pouvoir de la rendre réelle aujourd’hui et de l’inscrire concrètement dans le continuum de sécurité !

 

ETS – Avez-vous recueilli des engagements d’adhésion de la part de certaines d’entre elles ?

  1. C. C. – Ma candidature était celle du rassemblement. Ma présidence sera celle de la mise en œuvre effective de cette ambition. Comme je viens de le dire, la FFSP respecte les organisations patronales de la sécurité privée et ne parlera pas en leur nom. Mais je vais vous faire une confidence : j’ai bon espoir que très prochainement certaines organisations non encore membre rejoignent la FFSP.

 

ETS – Si le GES adhère à la FFSP, comment allez-vous gérer la cohabitation avec l’ADMS ?

  1. C. C. – Il existe déjà au sein de la Fédération des organisations qui représentent les mêmes métiers. Elles savent parfaitement travailler ensemble et c’est tout le sens de la maison commune que j’évoquais. La Fédération est un lieu d’unité et non de cohabitation. Et là encore je répète que ce n’est pas à la FFSP de se mêler des orientations stratégiques de ses membres.

 

ETS – Quelle pourrait être la place du CDSE et plus généralement des organisations rassemblant les directeurs sécurité ?

  1. C. C. – Le CDSE est une belle organisation qui participe au rayonnement de la sécurité privée. Je nourris un grand respect et de l’amitié pour son président, Stéphane Volant. D’une manière ou d’une autre, nous travaillerons ensemble et le CDSE aura toujours une place de choix au sein de la FFSP. La FFSP et le CDSE participent d’un même collectif et me semblent très complémentaires.

 

ETS – Allez-vous changer la gouvernance de la FFSP ?

  1. C. C. – De fait, par mon élection, la gouvernance de la FFSP est modifiée. J’espère que nous irons prochainement plus loin dans le changement. Il y aura de la place dans cette gouvernance pour toutes les organisations qui nous rejoindront. Ça sera une gouvernance de bonnes volontés et d’actions !

 

ETS – Quel est le budget de la FFSP et à quoi est-il affecté ?

  1. C. C. – La FFSP est indépendante financièrement et son budget est affecté à la réalisation de son objet social ainsi que de ses objectifs politiques. Il est dans mon intention de développer les actions de lobbying et de communication pour augmenter l’attractivité des métiers de la sécurité privée.

 

ETS – Allez-vous conserver l’instance scientifique créée l’année dernière et quel sera le rôle des entreprises au sein de la FFSP ?

  1. C. C. – Nous sommes une fédération d’organisations patronales. C’est notre ADN. L’instance scientifique à laquelle vous faites référence travaillera sous une forme ou une autre à atteindre les objectifs que nous fixerons collectivement.

 

Stéphane Volant, président du CDSE, favorable à un rapprochement FFSP-GES

Stéphane Volant, président du CDSE, a envoyé un message sur LinkedIn après l’élection de Jean-Christophe Chwat.

« Comme de nombreux directeurs de sécurité, je connais bien Jean-Christophe Chwat, qui, à l’instar de son collègue Luc Guilmin du GES, sera, je le sais déjà, un partenaire loyal du CDSE pour porter haut les couleurs de la sécurité des entreprises dont la sécurité privée est une composante essentielle », affirme-t-il.

« Très amicalement, je te souhaite donc, cher Jean-Christophe, une belle présidence de la FFSP dont le succès passe nécessairement par le rapprochement avec le GES. Car, ici aussi, l’union fait la force ! », ajoute Stéphane Volant.

 

Propos recueillis par Patrick Haas

Rédacteur en chef