Jean-Christophe Chwat élu président de la FFSP

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Claude Tarlet, président de la Fédération française de la sécurité privée depuis sa création en 2013, a décidé de ne pas se présenter pour un nouveau mandat : c’est Jean-Christophe Chwat, vice-président de la FFSP et ancien président de GPMSE Fédération, qui a été élu le 15 mars, en présence d’Olivier de Mazières, délégué ministériel.

« Plusieurs manifestations d’intention semblent indiquer que les organisations qui n’ont pas encore rejoint notre Fédération vont le faire : je passe donc le flambeau avec le sentiment du devoir accompli et la certitude que la continuité sera marquée par l’harmonie. Les conditions du rassemblement de toutes les organisations sont aujourd’hui réunies. Mon objectif est atteint : c’est notre fierté collective », explique Claude Tarlet. Il a été nommé au début de ce mois président exécutif de Luxant Group, en charge de la stratégie (voir ETS n°737).

De son côté, Jean-Christophe Chwat affirme que « l’objectif que je porte, au nom du GPMSE, est d’élargir le rassemblement, pour que la Fédération joue mieux encore son rôle en faveur du dialogue entre les organisations professionnelles et les pouvoirs publics, mais aussi avec les donneurs d’ordre ».

La FFSP est un « bon outil qui a fait ses preuves, mais elle a ses limites, car elle n’a pas recueilli l’unanimité de la profession », nous déclare Patrick Lanzafame, président de GPMSE. Il se félicite que le nouveau président vienne de GPMSE, organisation qui a « un pied dans les métiers réglementés de la sécurité et l’autre non ».

Aux yeux de certains, il semble important que le nouveau président ne soit pas issu des nombreux conflits du passé entre les organisations de la surveillance humaine.

« Claude Tarlet est un moteur de la profession : il a réussi à faire passer des messages à la sphère publique, comme peu de personnes en auraient été capables », nous affirme David Ofer, président de la Fédération de la Cybersécurité.

L’enjeu pour la FFSP va être de recueillir l’adhésion d’organisations patronales qui ne sont pas (ou plus) adhérentes. Le SESA, syndicat de la sûreté aéroportuaire, a démissionné de la Fédération en novembre 2020 (voir ETS n°708), tandis que l’Ufacs, née en octobre 2021 et rassemblant deux organisations de la formation en sécurité (Unafos et FPS), n’est toujours pas membre (voir ETS n°729). De même, le GES, qui a réuni les adhérents du SNES et de l’USP en 2019 (voir ETS n°678), n’a d’emblée pas voulu adhérer. La cohabitation avec l’ADMS demandera d’ailleurs un certain doigté. Il faudrait également convaincre Fedesfi (transport de fonds), un des cinq membres fondateurs, de revenir à la Fédération.

Enfin, se pose la question de la présence du CDSE, organisation de directeurs sécurité, qui pourrait par exemple se voir offrir un rôle de membre associé, comme l’est déjà Agora des directeurs sécurité. Au cas où le CDSE adhérerait à la Fédération, celle-ci pourrait devenir un comité de filière, ce qui irait de pair avec des attributions plus larges et une véritable reconnaissance.

Dans les prochaines semaines, la FFSP devrait se doter d’un nouveau bureau : il comprend actuellement un président, un vice-président (Jean-Christophe Chwat jusqu’au 15 mars), un trésorier (Michel Tresch), un secrétaire général (poste non occupé) et un permanent (Pierre Bouzin).

 

Les grandes étapes de la FFSP

Janvier 2013 : création de l’Anaps (Alliance Nationale des Activités Privées de Sécurité) par cinq membres fondateurs (USP, Fedesfi, Snarp, SESA et GPMSE Télésurveillance), dont le président est Claude Tarlet.

Avril 2016 : Fedesfi (transport de fonds) quitte l’Anaps.

Septembre 2017 : l’Anaps est rebaptisée Fédération Française de la Sécurité Privée (FFSP).

Juin 2019 : création du GES, né du rapprochement de l’USP et du SNES. Il décide de ne pas adhérer à la FFSP.

Octobre 2019 : l’ADMS adhère à la FFSP et Agora Fonctions devient partenaire.

Novembre 2020 : le SESA (sécurité aéroportuaire) démissionne de la FFSP.

Janvier 2021 : la Fédération Française de la Cybersécurité adhère à la FFSP.

Juin 2021 : création d’une instance scientifique au sein de la FFSP.

 

Jean-Christophe Chwat : depuis près de trente ans dans la sécurité

Vice-président depuis 2016 de la FFSP, Jean-Christophe Chwat, 58 ans, a cumulé des mandats dans les syndicats patronaux depuis six ans et des postes de dirigeant dans les entreprises de sécurité depuis près de trente ans.

Débutant sa carrière en 1986 comme membre du cabinet du ministre de l’Industrie Alain Madelin dans le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac, Jean-Christophe Chwat passe dans le privé trois ans plus tard en occupant chez le constructeur informatique Unisys diverses fonctions commerciales.

Il fait son entrée dans la sécurité privée en 1994 comme directeur marketing chez De La Rue, premier imprimeur privé de billets de banque au monde. En 2005, il intègre le groupe Brink’s comme président de la filiale marocaine pour être nommé deux ans plus tard vice-président pour la région Europe-Moyen-Orient-Afrique.

En 2009, Jean-Christophe passe chez Neo Security qui venait d’acheter la filiale française de G4S (voir ETS n°451), comme directeur général adjoint, en charge des ventes et du marketing puis comme directeur général l’année suivante (voir ETS n°483). En mai 2012, alors que le groupe rencontre des difficultés importantes qui vont le conduire à la faillite quelques semaines plus tard, il est nommé PDG (voir ETS n°512 et 521).

L’année suivante, Jean-Christophe Chwat devient PDG de VPSitex, rebaptisé depuis VPS France, leader de la protection des chantiers et des locaux vacants (voir ETS n°550). Aujourd’hui, il occupe cette fonction dans une entreprise qui pèse environ 60 M€ (voir ETS n°722).

Parallèlement, en 2016, il est élu président de GPMSE Fédération, qui regroupe les entreprises d’installation de sécurité électronique et de télésurveillance (voir ETS n°612). A ce titre, il devient vice-président de la FFSP.