Isorg donne la priorité au marché mondial

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C’est une entreprise française qui s’est fait remarquer aux États-Unis : spécialisée dans la biométrie, la société conceptrice et fabricante de capteurs d’empreintes digitales a reçu, en mars dernier, une certification du FBI pour une de ses solutions. Cela va permettre à Isorg de pénétrer les marchés internationaux de la sécurité dans un secteur technologique émergent.

« La certification FBI de notre solution est un gage de qualité et de performance. Tant que celle-ci n’était pas certifiée, les clients ne prenaient pas de risques. Le volume du marché est énorme et se compte en plusieurs millions d’unités vendues chaque année. Si nous regardons en termes de potentiels, alors nous sommes sur un marché d’une dizaine de milliards d’euros. Notre objectif est donc de capturer une partie de ce marché », explique Jean-Yves Gomez, directeur général et fondateur d’Isorg, lors d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.

Isorg se trouve actuellement en pleine phase de prospection avec des ambitions chiffrées : ayant généré un CA de 810 000€ en 2019 et 2020, l’entreprise espère dégager « plusieurs millions d’euros » cette année avant d’entrer dans un régime de croissance continue en 2022, année de démarrage des ventes. D’ici à 2025/2026, la société veut atteindre 200 à 300 M€ de CA.

L’entreprise a décidé de tout miser sur l’export. Elle collabore déjà avec des sociétés en Allemagne, en Asie et aux États-Unis avec la mise en place de réseaux de distribution. Ces pays représentent « 90% du marché », affirme Jean-Yves Gomez. Isorg a également ouvert des bureaux, notamment à Hong Kong, qui compte quatre personnes, et en Californie. L’entreprise envisage l’ouverture d’autres filiales aux États-Unis et en Chine.

 

Nouvelle levée de fonds en mai

Concernant la clientèle, Isorg reconnaît ne pas avoir réussi à travailler avec des sociétés en France hormis avec des fabricants de scanners (principaux demandeurs) qui vendent aux instances gouvernementales françaises : douanes, sites sensibles, aéroports et OIV. A l’international, Isorg affirme en revanche « discuter et prospecter avec les grands acteurs de la téléphonie, soit directement, soit via des intégrateurs ».

Malgré la pandémie de covid-19 et toutes ses conséquences économiques, la société maintient sa politique de recrutement et cherche des ingénieurs, des techniciens et des profils pour les fonctions support. « Dans l’idéal, nous souhaiterions créer une vingtaine de postes mais nous connaîtrons, à mon avis, une croissance de nos effectifs d’environ 10 à 15% seulement », précise Jean-Yves Gomez.

Créée en 2010 à Grenoble, Isorg siège depuis juillet 2020 à Limoges et compte 70 salariés. Totalement tournée vers le marché de la sécurité, l’entreprise possède sa propre usine de fabrication près du siège et deux centres de R&D, à Grenoble et à Bordeaux. « Aujourd’hui, nous injectons 80% de nos ressources financières en R&D. A l’avenir, cela représentera entre 20 et 25% du CA », estime Jean-Yves Gomez. Isorg a levé 8 M€ lors d’un tour de table en 2014 puis a effectué un tour de financement de 24 M€ en 2018. Jean-Yves Gomez a d’ailleurs annoncé en exclusivité à En Toute Sécurité qu’une nouvelle levée de fonds, à hauteur de 15 M€, a eu lieu en mai.

Preuve du potentiel financier d’Isorg, la société a connu plusieurs entrées à son capital : Bpifrance, le fonds d’investissement régional Sofimac, le fonds NSV Partners, CEA Investissement, Dynalim et la Financière FFP4. « Des sociétés industrielles japonaises » devraient bientôt compléter cette liste, annonce Jean-Yves Gomez.