Iremos élargit ses cibles de clientèle

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Cette société de conseil spécialisé en sûreté, gestion de crise et développement logiciel rencontre une demande de plus en plus forte de la part d’acteurs traditionnellement éloignés de ses domaines d’expertise.

Lancé en 2006 sur un marché alors « inexistant », selon son président Arnaud Kremer, « Iremos est né du constat que les sociétés n’étaient pas prêtes et structurées pour gérer de manière opérationnelle les crises majeures », explique-t-il au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité. Après 21 ans dans la gendarmerie dont onze à la cellule Audit et dossiers  du GIGN, le dirigeant a lancé Iremos avec Richard Drapeau, ingénieur en développement logiciel.

Bénéficiant d’une forte demande, la plus grosse difficulté de l’entreprise consiste désormais à « recruter les bons profils », indique son président, qui recherche d’ailleurs depuis plusieurs mois un profil senior pour son pôle Gestion de crise. La société devrait en effet passer de 25 à 30 salariés à la fin de l’année – contre seulement dix il y a encore un an et demi.

 

Des OIV aux ERP

Iremos, qui a recruté plusieurs anciens du GIGN, revendique une double culture, à la fois « opérationnelle » et « business » qui lui permet de s’adresser à un large panel de clients. « Avant les attentats de 2015, nous collaborions surtout avec des OIV et nos interlocuteurs étaient des professionnels de la sûreté. Aujourd’hui, nous nous adressons à des profils qui ne viennent pas de ce monde : DRH, directrices de petite-enfance, dirigeants de PME… » explique-t-il.

Ainsi, les dossiers d’aide à l’intervention — « l’un des points forts d’Iremos » selon Arnaud Kremer — d’abord réservés aux sites extrêmement sensibles, commencent désormais à s’ouvrir à des cibles molles (ERP, stades, crèches, écoles, grandes écoles etc.). Rien d’étonnant donc à voir dans son portefeuille clients des acteurs du divertissement et de la culture comme le Puy du Fou, la Bibliothèque nationale de France, l’UEFA ou Canal Plus, à côté de grands comptes comme Airbus, Total, Société Générale, Bouygues, Danone, Axa, Engie ou Eramet.

La société a d’ailleurs créé il y a un an et demi un pôle Développement d’affaires. « Que l’on travaille pour Total sur des zones sensibles ou pour des crèches,  nous faisons systématiquement du sur-mesure », assure le PDG. Autre tendance émergente chez Iremos : la demande de particuliers souhaitant sécuriser leur domicile de très grand luxe. En outre, la société a récemment signé des contrats avec des hôteliers ou des grandes écoles souhaitant faire appel à leurs services avant même le début du chantier de construction de leur futur site.

 

Trois pôles d’activité

Iremos fonctionne autour de trois pôles distincts, dont chacun représente environ un tiers de son activité. Le pôle Sûreté « accompagne les entreprises sur la mise en place d’une stratégie globale de sûreté s’appuyant sur des standards de protection humains, techniques et organisationnels. Nous ne proposons pas de matériel ou d’accompagnement sur zone, mais nous aidons le client à choisir le bon prestataire », explique Arnaud Kremer.

De son côté, le pôle Gestion de crise a pour mission d’élaborer une « organisation très structurée, utilisable sous stress  et en situation dégradée », pour préparer les différents acteurs d’une entreprise à une crise inattendue : prise d’otage, catastrophe naturelle, crise sanitaire… « Nous nous occupons de la conduite opérationnelle de la crise. Les entreprises sont souvent déjà dotées de dispositifs de communication de crise mais pas de structure de gestion opérationnelle », précise le dirigeant. La société revendique ainsi un total de 150 crises et exercices gérés et pas moins de 600 personnes formées chaque année.

Enfin, un pôle Outils propose des logiciels de gestion quotidienne de la sûreté, d’une part et des logiciels de pilotage de crise en temps réel, d’autre part. Ses trois principaux logiciels ont déjà sept à huit ans d’existence et l’essentiel des investissements du cabinet est consacré à en développer de nouveaux. « Nous ne sommes pas de simples développeurs informatiques  », insiste Arnaud Kremer, faisant valoir « l’ancienneté et l’expertise d’Iremos dans la gestion de crise et la sûreté ».

Rentable, la société réalisait en 2017 un CA de 2 M€. En progression moyenne d’environ 40% depuis deux ans, elle devrait atteindre « au minimum » 2,8 M€ cette année, selon son dirigeant.