Icohup réalise sa première levée de fonds

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Créée en 2016, cette startup spécialisée dans la radioprotection vient de réaliser sa première levée de fonds pour un montant de 0,41 M€. Une étape cruciale qui va lui permettre de lancer sur le marché sa technologie brevetée de détecteur de radioactivité connecté pour lequel plusieurs commandes ont d’ores et déjà été passées.

Les premières livraisons de ce capteur de poche sont d’ailleurs prévues pour cet été avec un lancement commercial officiel dès septembre, annonce au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité l’un des quatre cofondateurs d’Icohup, Gaël Patton. « L’objectif était de lancer l’industrialisation de ce produit très technique qui nécessitait des fonds. Nous nous sommes majoritairement tournés vers des business angels de la région Aquitaine et de Paris », ainsi que deux fonds d’investissement, explique le dirigeant.

La startup compte atteindre la rentabilité d’ici 2020. « Un délai assez long », concède le jeune entrepreneur, mais qui s’explique par l’effort important consacré à la recherche & développement — principal poste d’investissement de la société avec l’industrialisation de son produit — et les projets d’évolution du capteur. Avec un objectif de 0,15 M€ de CA pour la seule année 2018, la start-up vise les 2 M€ de CA d’ici 2020.

Icohup a par ailleurs l’ambition de se développer à l’export, disposant déjà de contacts « avancés » au Japon et aux Etats-Unis, qui pourraient se concrétiser « d’ici 2019 ». Entre EPI et radioprotection, « nous apportons une solution pour la protection des personnels sur des sites exposés à la radioactivité », explique Gaël Patton. Industrie nucléaire pour l’équipement des centrales, secteur médical avec la radiothérapie, acteurs de la sécurité et de la défense constituent ainsi ses trois principaux champs de prospection. « Jusque-là, notre effort s’était plutôt porté sur le secteur nucléaire — notre première cible — mais ces dernières ­semaines, nous avons été également très sollicités par les deux autres domaines d’activité », rapporte le dirigeant.

La jeune pousse a d’ores et déjà signé des contrats avec Dalkia, la filiale d’EDF, avec Orano (ex-Areva) ou encore Sarp Industrie. Concernant le segment ­sécurité-défense, « nous sommes actuellement en discussion avec les pompiers de Paris et le ministère des Armées », indique le dirigeant, évoquant par exemple la possibilité d’équiper des drones aériens ou terrestres de capteurs embarqués, permettant notamment de cartographier les zones contaminées dans un contexte de menace NRBC. Icohup a d’ailleurs participé au dernier salon Eurosatory en juin, à Villepinte.

 

Une approche connectée 

Il y a près de trois ans, « nous nous sommes rendu compte qu’il y avait des lacunes sur l’ensemble des capteurs ionisants présents sur le marché », explique Gaël Patton. Alors que les détecteurs les plus sensibles se révèlent souvent très coûteux — plusieurs dizaines de milliers d’€ — ce docteur en physique de l’Université Claude Bernard Lyon 1-Institut Lumière Matière a alors l’idée de développer un nouveau produit « adapté aux professionnels » et à un prix plus compétitif, à la fois « très sensible » et « capable de détecter l’origine de la radioactivité » contrairement à d’autres solutions déjà sur le marché.

Mais selon l’entrepreneur, la différenciation commerciale d’Icohup tient avant tout à «  son approche vraiment numérique », avec des capteurs connectés (soit à internet, soit au réseau interne de l’entreprise) qui permettent une remontée des données en temps réel, sur une plateforme dédiée ou sur application mobile. Une innovation forte selon le dirigeant, alors que « dans les industries qui utilisent des processus ionisants, le traitement des données reste encore très manuel, les relevés étant réalisés à la main ». Icohup, qui emploie au total quatre salariés dont un ingénieur informatique spécialisé en cybersécurité, s’apprête à embaucher trois nouvelles recrues d’ici la rentrée, respectivement à des postes de commercial, développeur logiciel et docteur en intelligence artificielle. Tout ce qui relève de la R&D et de la production est réalisé à Limoges, où se trouve le siège de la société qui dispose aussi d’un bureau commercial à Lyon. C’est entre ces deux villes que la jeune pousse a pu se développer ces deux dernières années, avec l’aide de l’incubateur de l’université de Limoges ou encore du programme d’accélération international « Big Booster » de l’université de Lyon.