Honeywell va se séparer de ses activités sécurité

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Le conglomérat industriel américain a annoncé le 10 octobre qu’il allait se scinder en trois entités d’ici la fin 2018 : il se recentrera sur l’aéronautique et la défense et va introduire séparément en bourse ses activités de sécurité et de transport.

Cette décision va totalement à l’encontre de ce que souhaitait le fonds d’investissement activiste Third Point Capital qui trouvait Honeywell sous-évalué. Il estimait qu’une scission des activités aéronautiques permettrait de créer vingt milliards de $ de valeur actionnariale.

L’activité sécurité d’Honeywell va de la sécurité incendie à la sécurité électronique en passant par les équipements de protection individuelle (EPI) tout en comprenant également la climatisation et le chauffage. Cette entité pèse 4,5 milliards de $, ce qui fait d’Honeywell un des leaders mondiaux de la sécurité. De son côté, la division transport et turbocompresseurs représente un CA de trois milliards de $.

Darius Adamczyk, le PDG d’Honeywell, est incité depuis quelques temps par certains actionnaires à rationaliser un portefeuille d’activités jugées trop disparates. En février 2016, le conglomérat industriel avait proposé à United Technologies de fusionner ce qui aurait donné naissance à un géant de 90 milliards de $. Néanmoins, cette proposition a été refusée par United Technologies (voir ETS n°605).

 

Une histoire émaillée de nombreuses acquisitions

Honeywell a entamé au début des années 80 une politique intensive d’acquisitions dans le domaine de la sécurité. Le groupe de Minneapolis a notamment racheté le fabricant de contrôle d’accès C&K Systems en 1999 (voir ETS n°238) et surtout Pittway, premier fabricant mondial de matériels d’alarme, en 2000 (voir ETS n°249). Il a également pris le contrôle de plusieurs fabricants d’EPI comme Norcross Safety en 2008 (voir ETS n°432) ou la firme de Singapour King’s Safetywear en 2011 (voir ETS n°510), tandis qu’il s’est emparé en 2013 de son compatriote RAE Systems, spécialiste de la détection de gaz (voir ETS n°547).

Le groupe américain s’est solidement implanté dans l’Hexagone en rachetant successivement Alarme et Protection en 1994 (voir ETS n°134), puis Sperian, le n°1 français des EPI, en 2010 (voir ETS n°484) et enfin RSI Video en mars 2016 (voir ETS n°606). En France, Honeywell a frôlé les 600 M€ de CA en 2016 dans les divers secteurs de la sécurité, selon les estimations d’En Toute Sécurité.