Fabien Marcantetti, directeur d’OpenGate Capital pour l’Europe, souhaite un retour rapide de Gunnebo France à la croissance et à la rentabilité.
Le groupe de sécurité suédois a annoncé en juillet avoir signé un accord avec le fonds d’investissement américain OpenGate Capital pour lui céder ses filiales française, belge et luxembourgeoise. L’opération pourrait être finalisée au quatrième trimestre après la consultation des organes de représentation des salariés et le feu vert des autorités de régulation.
En raison de la mauvaise rentabilité de ces filiales, le montant de la transaction est qualifié de « symbolique » par Gunnebo, tandis que la perte générée par cette cession est comprise entre 60 et 65 M€.
Les entités cédées, qui incluent la marque emblématique Fichet Bauche, seront rebaptisées lorsque l’accord sera finalisé. Elles comprennent deux sites de production (Baldenheim et Bazancourt) et douze agences en France, de même qu’une agence en Belgique et une au Luxembourg. Ces activités emploient 930 salariés et ont généré un CA de 123,7 M€ en 2017 et de 57,6 M€ au premier semestre de cette année, soit 20% des ventes totales du groupe suédois.
La sécurité électronique a représenté 69% des ventes, les coffres forts 20%, les équipements de gestion du cash 8% et les systèmes de contrôle des accès 3%. Le portefeuille de clients comprend des banques, des enseignes de distribution, des sites à hauts risques, des sites industriels et tertiaires, des infrastructures de transport, etc. Les négociations ont été conduites par Fabien Marcantetti, directeur du bureau de Paris d’OpenGate Capital. Son objectif consiste à ce que Gunnebo France renoue avec la croissance et les bénéfices. OpenGate Capital, créé en 2005 à Los Angeles, a réalisé plus de trente acquisitions depuis sa création, dont un nombre significatif en Europe. Dans la sécurité, il a racheté Agis Fire & Security, une ancienne filiale de Tyco, qui emploie 200 salariés en Europe centrale et l’a revendu au français SPIE en 2016.
Des difficultés récurrentes en France
Cela fait près d’un an que Gunnebo réfléchit à la cession de sa filiale française. En octobre 2017, le groupe suédois affichait des résultats trimestriels dégradés en raison des contre-performances de la France et il indiquait avoir débuté une revue stratégique de la situation (voir ETS n°640). En février dernier, Gunnebo annonçait des ventes de 611 M€, en recul de 3% pour 2017 et un bénéfice net en baisse à 16,3 M€ tout en soulignant qu’il poursuivait ses réflexions concernant la France (voir ETS n°648) et que la réorganisation de sa filiale se poursuivait (voir ETS n°654).
L’histoire de la filiale française est longue et souvent douloureuse. La création de Fichet Bauche remonte à 1867 et le groupe s’impose alors comme un des leaders de la sécurité physique en Europe, notamment dans les produits pour les banques. Passé dans le giron de la Compagnie de Navigation Mixte, une holding présente dans la banque, l’assurance, les transports et l’agroalimentaire, le groupe a du mal à s’adapter au développement de la sécurité électronique.
Dans les années 90, malgré plusieurs restructurations et cessions d’actifs, les pertes cumulées s’élèvent à plus d’un milliard de francs, tandis que le CA est divisé par trois à un milliard de francs (voir ETS n°155, 166, 190 et 208). En 1999, Gunnebo acquiert Fichet Bauche (voir ETS n°235) qui revend dans la foulée l’activité serrurerie à Assa Abloy, soit 15% des ventes totales (voir ETS n°246).
Malgré les réorganisations menées par Michael Gass depuis son arrivée à la tête de Gunnebo France en 2013 (voir ETS n°595), l’entreprise perd du terrain : le CA passe de 121 M€ en 2015 à 105,7 M€ l’année dernière, tandis que les pertes se montent à 5,5 M€ sur ces trois exercices.