Stéphan Crétier, PDG de GardaWorld, a désormais le soutien du fonds d’investissement BC partners pour racheter G4S.
Décidemment, le leader canadien de la sécurité a de la suite dans les idées : après une première tentative avortée en avril 2019, GardaWorld vient de refaire une offre en septembre pour racheter G4S. Il révèle même avoir essayé d’engager à trois reprises des discussions avec le conseil d’administration du groupe britannique au cours de ces trois derniers mois.
GardaWorld fait monter les enchères, ce qui montre sa volonté d’aboutir : il propose désormais 190 pence par action pour le rachat du n°1 de la sécurité après avoir offert 153 pence le 26 juin et 145 pence le 15 juin. Ces trois propositions ont été rejetées par G4S au motif qu’elles sous-estiment « significativement l’entreprise et ses perspectives ». Le groupe affirme que cette offre non-sollicitée intervient à un moment « opportuniste, caractérisé par une turbulence importante des marchés financiers et par la crise sanitaire du Covid-19 ». G4S souligne d’ailleurs que ses derniers résultats semestriels démontrent sa résilience. Au 30 juin, le groupe britannique a en effet annoncé un bénéfice avant impôts de 187 M£ (-5%) et un CA de 3,35 milliards de £, en recul de 1,5% (voir ETS n°703).
Le n°1 canadien de la sécurité privée s’attaque ainsi à une proie quatre fois plus grosse que lui puisque G4S a réalisé un CA de 7,67 milliards de £ en 2019 (+4,7%) pour un bénéfice avant impôts de 501 M£, similaire à celui de l’année précédente (voir ETS n°695). GardaWorld fait valoir que sa dernière proposition se situe 40% au-dessus de la valeur moyenne de l’action G4S ces trois derniers mois. En cas d’accord, il pense que la transaction pourrait être finalisée à la mi-2021.
Évolution des rapports de force
Stéphan Crétier, PDG de GardaWorld, affirme dans une lettre au président de G4S, que son groupe dispose des moyens financiers de cette opération et qu’elle serait très profitable pour les actionnaires de G4S, ses clients et son personnel, notamment grâce à une forte complémentarité géographique.
GardaWorld avait fait une première offre moins élevée en avril 2019 (voir ETS n°675) et avait renoncé deux semaines plus tard (voir ETS n°676). Dix-huit mois plus tard, plusieurs éléments ont changé dans les rapports de force. Durant l’été 2019, l’entreprise créée par Stéphan Crétier, a conclu un accord avec le fonds d’investissement BC Partners, basé à Londres, qui détient désormais 51% du capital (voir ETS n°681). Un soutien important qui apporte de la crédibilité à l’offre sur G4S.
De son côté, G4S a changé de physionomie puisqu’il a cédé une grande partie de son transport de fonds à Brink’s, soit un CA de 400 M$ (voir ETS n°696). Il a présenté cette opération comme un moyen de se concentrer sur des métiers à plus forte valeur ajoutée. Cependant, malgré de nombreuses cessions intervenues depuis des années, il ne parvient pas à améliorer significativement sa rentabilité.