Stephan Crétier : “Cette opération a pour objectif de devenir un véritable champion mondial du secteur des services de sécurité”.
Le n°1 canadien de la sécurité privée a annoncé fin juillet une importante recapitalisation à l’issue de laquelle le fonds d’investissement BC Partners détiendra 51% des titres et Stephan Crétier, fondateur et PDG de Garda, 49% aux côtés de quelques managers de l’entreprise.
La restructuration du capital porte sur 5,2 milliards de $ canadiens, soit l’équivalent de 3,5 milliards d’€ qui comprend la vente de la totalité des actions jusqu’ici détenues par Groupe Rhône Capital depuis 2016. La transaction devrait être conclue avant la fin de l’année.
« GardaWorld a beaucoup évolué depuis ses modestes débuts il y a environ 25 ans, lorsque j’ai lancé cette entreprise avec 25 000 $ provenant d’une hypothèque de second rang sur ma maison. Alors que nous amorçons la prochaine phase de notre croissance, je suis vraiment enchanté de notre partenariat avec BC Partners, qui est le coactionnaire idéal pour favoriser notre croissance continue et notre cheminement visant à devenir un véritable champion mondial du secteur des services de sécurité », a déclaré Stéphan Crétier.
Il s’agit de la plus importante acquisition privée de l’histoire du Canada, souligne de son côté Raymond Svider, associé et président du conseil de BC Partners. Fondé en 1986, le fonds basé à Londres détient plus de 22 milliards d’€ d’actifs sous gestion. Depuis sa création, BC Partners Private Equity a réalisé 110 placements de capital d’investissement dans des entreprises dont la valeur totalise plus de 135 milliards d’€. Il a par exemple investi dans Office Depot, Amadeus ou Seat Pagine Gialle. En France, il a pris des participations dans Picard, Elior, Neopost, Elis ou Eau Ecarlate.
Vers une nouvelle offensive de GardaWorld ?
Le soutien de BC Partners laisse probablement augurer une nouvelle offensive de la part du géant canadien employant 92 000 salariés. Présente dans le gardiennage, le transport de fonds, la sécurisation des sites dans des zones de conflit comme l’Irak ou l’Afghanistan, la firme de Montréal affiche des objectifs ambitieux, soutenus par une bonne santé financière. Elle avait ainsi indiqué en avril dernier réfléchir à un rachat du britannique G4S, pourtant quatre fois plus gros qu’elle et dont la capitalisation boursière s’élevait à 3,4 milliards de £ (voir ETS n°675). Elle y renonçait cependant quelques jours plus tard (voir ETS n°676).
GardaWorld, qui s’était retiré de la bourse de Montréal en 2012 (voir ETS n°528 et 533), a réalisé un CA équivalent de 2,2 milliards d’€. Le groupe canadien a notamment grandi par croissance externe, acquérant une solide position aux Etats-Unis. Ces derniers mois, il a racheté huit entreprises, dont trois au Québec, deux aux Etats-Unis et une en Grande-Bretagne. En revanche, il est peu présent en Europe et en Asie.