G4S va être racheté par Allied Universal

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Dans la longue bataille pour le rachat de G4S, GardaWorld s’est fait coiffer sur le poteau par son concurrent Allied Universal : le 8 décembre, le groupe britannique a donné son accord pour être racheté par le n°1 américain de la sécurité privée.

L’offre est à 245 pence l’action, soit 3,8 milliards de £, contre une « dernière offre » de GardaWorld de 235 pence faite une semaine avant dans le cadre d’une OPA hostile.

G4S a déclaré l’offre d’Allied Universal « juste et raisonnable ». Elle donnera naissance à un géant de 18 milliards de $ employant 750 000 salariés, se situant parmi les leaders mondiaux de la sécurité privée. A titre de comparaison, Securitas a réalisé un CA équivalent à 12,6 milliards de $ en 2019 (voir ETS n°692).

L’opération, qui s’effectuera juridiquement par l’intermédiaire de la société Atlas UK Bidco Ltd, entièrement contrôlée par Allied Universal, pourrait être finalisée au 1er trimestre 2021, selon les objectifs du groupe. Celui-ci déclare que les autorités américaines de la concurrence ont déjà donné un accord de principe à cette future opération.

Comme En Toute Sécurité l’annonçait dès le mois d’octobre, des discussions ont débuté à ce moment-là avec Allied Universal (voir ETS n°706), soit une période très courte pour aboutir à un accord. Les synergies géographiques sont évidentes puisqu’Allied Universal est uniquement présent aux Etats-Unis, Mexique, Canada et très marginalement en Grande-Bretagne, alors que G4S est actif dans 85 pays, dont l’Asie, l’Afrique et l’Europe.

Les deux groupes ont des activités similaires : le gardiennage classique, l’événementiel, la gestion de prisons, l’audit de sécurité, tandis que G4S est davantage présent en sécurité électronique que son partenaire.

Allied Universal a grandi par acquisitions successives, passant de deux milliards de $ en 2015 à 8,5 milliards en 2020, employant 250 000 salariés surveillant 50 000 sites. Il a été soutenu par le fonds d’investissement français Wendel (voir ETS n°689) puis par le fonds américain Warburg Pincus.

 

GardaWorld va-t-il jeter l’éponge ?

A la mi-décembre, GardaWorld n’avait pas réagi à l’accord G4S-Allied Universal et notamment s’il allait surenchérir ou jeter l’éponge. A 235 pence par action, il avait surenchéri de 25% sur son offre précédente et se trouve assez proche du prix proposé par Allied Universal.

Autre aménagement par rapport à sa première proposition : GardaWorld ne visait plus l’achat de 90% des actions G4S pour déclarer l’opération réussie, mais 50% plus une action. De telles concessions devenaient indispensables, car l’offre précédente de GardaWorld avait convaincu un nombre marginal d’actionnaires de G4S.

GardaWorld avait développé plusieurs arguments pour remporter l’affaire. Il affirmait qu’il avait déjà l’accord de principe des autorités de la concurrence, qu’il était prêt à abonder de 770 M£ la caisse des retraites de G4S et mettait en avant que la réduction de l’endettement après la vente de l’activité transport de fonds à Brink’s n’a pas été à la hauteur des objectifs.

De plus, GardaWorld effectuait une comparaison avec les performances de Securitas qui se révélait défavorable à G4S et estimait que les nouveaux contrats signés ne se traduisent pas en croissance organique pérenne.