G4S cède son transport de fonds à Brink’s dans 17 pays

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Le groupe britannique annonce avoir conclu un accord avec Brink’s pour la cession de ses activités de transport de fonds dans 17 pays, aboutissement du processus annoncé fin 2018 d’une scission avec cette division (voir ETS n°667).

Brink’s ne va pas reprendre la totalité du transport de fonds de G4S : les activités concernées ont généré un CA de 600 M£ en 2019, sur un total de un milliard de £, et emploient 25 000 salariés sur un total de 32 000. La firme britannique conserve notamment son transport de fonds en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud.

« Cette transaction représente une étape importante dans la réalisation de notre stratégie : elle simplifie l’organisation de notre groupe, permet de se concentrer sur l’intégration de solutions de sécurité et des secteurs porteurs, tandis que l’endettement sera moins élevé et notre souplesse plus grande », déclare Ashley Almanza, directeur général de G4S. Des économies chiffrées entre 15 et 20 M£ devraient en découler.

 

Extension géographique pour Brink’s

De son côté, Doug Pertz, PDG de Brink’s affirme que cette opération « constitue notre plus importante acquisition à ce jour. Elle nous ouvre de formidables opportunités de croissance au sein de l’écosystème mondial du cash », ajoutant qu’elle permet au groupe de consolider son leadership mondial. Brink’s serait en effet deux fois plus gros que son challenger Loomis qui a réalisé un CA de 1993 M€ en 2019 (voir ETS n°692).

Pour un montant de 727 M£, dont 670 M£ en liquide, Brink’s va s’implanter dans quatorze nouveaux pays sur les 17 filiales reprises, notamment en Europe de l’Est et en Asie : Belgique, Pays-Bas, Roumanie, Irlande, république Tchèque, Lituanie, Estonie, Lettonie, Chypre, Malaisie, Philippine, Indonésie, Koweït et république Dominicaine. Ces activités, qui intègrent la gestion de 31 000 automates bancaires et de 8 600 automates chez des commerçants, ont généré un bénéfice opérationnel de 67 M£ en 2019.

« Cette opération concrétise la volonté du groupe d’élargir notre périmètre géographique, notamment en Europe où notre présence est modeste en dehors de la France et de la Grèce », nous déclare Patrick Lagarde, PDG de Brink’s France. De plus, le groupe revient dans des pays qu’il avait quittés voici plusieurs années comme la Belgique, les Pays-Bas et la république Tchèque.

La vente, qui reste sujette à l’approbation des autorités compétentes, devrait être finalisée au 1er semestre pour 75% des activités concernées, au second semestre pour 22% supplémentaires et après 2020 pour les 3% restants.

Sur une base pro forma, cette acquisition portera le CA de Brink’s à 4,6 milliards de $ et sa couverture géographique passera à 55 pays. Cette opération sera la quatorzième du groupe américain depuis mars 2017.

Par ailleurs, Brink’s a effectué deux participations ces dernières semaines afin d’acquérir de nouvelles compétences. Il a tout d’abord investi 9 M$ dans son compatriote MoneyGram, un spécialiste du transfert d’argent. Le groupe a également acquis 12,5% dans Retail BCG, un éditeur de logiciel de monétique de Grande-Bretagne, avec l’objectif de prendre la totalité du capital d’ici 2022.

 

Une étape cruciale pour G4S

G4S a donc préféré la cession d’une partie de ses activités de transport de fonds plutôt qu’une scission comme cela avait été annoncé voici plus d’un an. Le groupe britannique avait d’ailleurs fait savoir en mars 2019 qu’il avait reçu des propositions de rachat « non sollicitées » (voir ETS n°673).

Le mois suivant, le n°1 canadien de la sécurité, Garda World, annonçait qu’il réfléchissait à l’acquisition de tout ou partie de G4S (voir ETS n°675) avant d’annoncer deux semaines plus tard qu’il y renonçait (voir ETS n°676).

Présent dans 90 pays et employant 550 000 salariés pour un CA de 7,5 milliards de £, G4S a entamé une active politique de recentrage depuis 2013, dont la cession à Brink’s est la plus spectaculaire démonstration. Cet événement intervient dans un contexte particulier, marqué par des litiges en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis concernant la qualité de ses prestations. Des affaires qui font suite à son incapacité à fournir des agents de sécurité en nombre suffisant lors des Jeux Olympiques de Londres en 2012. Il s’est cependant illustré cette année en transportant l’or de la Pologne (voir ETS n°689) et les nouveaux billets de 20£ en Grande-Bretagne (voir ETS n°693).