Fichet lance un plan social

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Michael Gass, directeur général, met en place un nouveau plan stratégique de quatre ans.

 

Quatre mois seulement après son rachat par le fonds d’investissement américain OpenGate Capital (voir ETS n°667), l’ex-filiale française du groupe suédois Gunnebo annonce un plan social.

Ce projet concernerait 85 postes au maximum, soit 10% des effectifs totaux qui s’élevaient à 845 salariés à fin mars dernier. Il a été envisagé en raison « des difficultés économiques et financières rencontrées par l’entreprise depuis plusieurs années et vise à sauvegarder la compétitivité de Fichet Group », explique la direction.

Cette initiative « s’inscrit dans le cadre d’un nouveau plan stratégique à quatre ans et s’accompagne d’une réorganisation opérationnelle en vue d’adapter les structures de l’entreprise aux évolutions du secteur de la sécurité », poursuit-elle.

Le projet prévoit un volet social au travers d’un plan de sauvegarde de l’emploi visant à limiter le nombre de licenciements par d’éventuelles propositions de reclassement.

La plus grande partie des postes concernés (63 sur les 85) se trouverait chez Fichet Security Solutions France qui regroupe les activités commerciales, d’installation et de maintenance réparties sur un réseau de 14 agences, ainsi que les fonctions support du siège social à Vélizy-Villacoublay. Seize postes seraient touchés chez Fichet Bauche, le site industriel de fabrication de coffres et de chambres fortes situé à Bazancourt (Marne) et six postes chez Fichet Technologies sur le site de Baldenheim (Bas-Rhin) qui regroupe la conception de systèmes de sécurité électronique et de produits d’équipement de menuiserie de sûreté. Par ailleurs, 14 postes vacants seraient également concernés par ce projet.

Les premières réunions formelles d’ouverture du processus d’information-consultation au sein des trois entités juridiques de l’entreprise se sont tenues le 30 avril. Elles ouvrent un processus d’une durée maximale de deux mois.

 

Les objectifs d’OpenGate Capital

Fabien Marcantetti, directeur d’OpenGate Capital pour l’Europe, avait indiqué au moment de la reprise que l’objectif était un retour rapide de l’entreprise à la croissance et à la rentabilité (voir ETS n°659).

En août dernier, Gunnebo avait annoncé que la cession de ses filiales française, belge et luxembourgeoise allait générer une perte d’environ 65 M€, tandis que le prix de cette vente était qualifié de « symbolique ». Les activités cédées portent sur un CA de 124 M€, dont 115 M€ pour la France, soit 20% du CA total de Gunnebo.

En fait, les difficultés de Fichet remontent aux années 90, durant lesquelles les pertes cumulées se sont élevées à plus d’un milliard de francs, tandis que de nombreuses cessions d’actifs se sont produites (voir ETS n°155, 166, 190 et 208). Gunnebo a racheté Fichet en 1999 (voir ETS n°235) qui revend dans la foulée l’activité serrurerie à Assa Abloy, ce qui représentait 15% de ses ventes (voir ETS n°246).

Aucun plan social n’a eu lieu durant la période où Gunnebo était aux commandes, mais les effectifs ont diminué par non remplacement des départs naturels ou en retraite. Michael Gass, dirigeant de la filiale française nommé en 2013, entame une réorganisation se traduisant par une politique commerciale renforcée et un recentrage sur des segments de marchés prioritaires (voir ETS n°595). Pourtant, le CA de l’entreprise ne décolle pas et les comptes ne s’installent pas significativement dans le vert. Néanmoins, Fichet Security Solutions (la principale entité avec un CA de 96,4 M€ en 2018 sur les 115 M€) est redevenue rentable en 2018 : 3,1 M€ contre une perte de 4 M€ l’année précédente.