Excelium placé en redressement judiciaire

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La société de surveillance humaine et de sécurité électronique a été placée en redressement judiciaire au mois de mars auprès du tribunal de commerce de Nantes pour une période de cinq mois.

« Cette situation est la conséquence de difficultés de trésorerie résultant de la crise du covid19 et de retards de chantiers majeurs en raison des délais d’approvisionnement de certains équipements », affirme Servan Lépine, son président, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité. « Ce placement volontaire a été préparé depuis quatre mois, se traduisant déjà par une réorganisation de l’entreprise. Nous espérons bien que la solution sera trouvée d’ici cet été », ajoute le dirigeant.

L’entreprise estime avoir subi les conséquences d’une crise de croissance : après une première année de pertes en 2019 suite à un fort accroissement des besoins en fonds de roulement, Excelium s’est redressé en 2020, mais la pandémie a freiné ses activités. La société a bénéficié d’un PGE de 1,1 M€. Une reprise était anticipée pour 2021, si bien que des recrutements ont été effectués, mais des retards de commandes pour la sécurité du Grand Paris Express et du tunnel Lyon-Turin ont perturbé les prévisions.

Accoutumée à une forte croissance depuis sa création en 2003, la société a réalisé un CA de 10,5 M€ en 2020 qui est retombé à 9,2 M€ l’année dernière. La surveillance humaine représente la moitié des ventes, la sécurité électronique (y compris la protection temporaire de sites) 30% et la télésurveillance 20% avec près de 10 000 clients. Parmi ses références, on trouve des centres Leclerc, Vinci, Engie, Eiffage, Lafarge, Bouygues Immobilier, plusieurs collectivités territoriales, etc.

L’entreprise a déjà pris plusieurs mesures d’économies : c’est ainsi que les effectifs ont été ramenés de 150 personnes à 130, tandis que l’activité a été réorganisée par métiers. « Nous avons décidé de donner une grande autonomie aux régions -Ouest, Ile-de-France et Occitanie-, tandis que les grands projets ont été réaffectés dans nos entités locales », explique Servan Lépine. Agé de 56 ans, celui-ci est administrateur du GES, en charge des technologies et du digital, de même que vice-président du Medef 44.