EPSI élargit sa cible de clientèle

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Initialement tourné vers la protection des infrastructures sensibles, le concepteur et fabricant de systèmes de surveillance radar à onde continue a décidé d’explorer d’autres secteurs de la sécurité. L’objectif est de démocratiser le savoir-faire de ses solutions qui arrivent lentement à maturité au sein d’un marché extrêmement concurrentiel et saturé de technologies infructueuses.

« Nous avons énormément investi pendant les deux premières années qui ont suivi la création de l’entreprise. Nous souhaitons amener nos solutions à des prix raisonnables. Notre premier radar coûte 3 000 € tandis que le plus onéreux est facturé à 15 000 €. En termes de volumétrie, nous avons déjà livré et facturé 200 radars au premier trimestre 2021. Notre plan de vente pour cette année est d’en commercialiser aux alentours de 500, puis 1 000 en 2022 avec une croissance pour 2023 et 2024 qui reste difficilement chiffrable », explique Frédéric Chaumeil, directeur général d’EPSI, lors d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.

L’entreprise, qui préfère évoquer les volumes de vente plutôt que les prévisions de CA, adopte la stratégie de la croissance organique. Etant le seul fabricant français dans ce secteur, EPSI souhaite d’abord pénétrer massivement le marché français avant de dupliquer ce modèle à l’étranger. Il s’agit donc de la méthode des petits pas : d’abord la France puis l’Europe avant d’aller conquérir enfin le marché nord-américain. Selon les informations d’En Toute Sécurité, EPSI est en train d’initier un partenariat en Italie.

 

Accord avec des intégrateurs

Mais vers qui EPSI se tourne-t-elle précisément ? Outre la protection des acteurs du nucléaire, des OIV (dont RTE) et du ministère des Armées, la société dit travailler avec des entreprises de toutes tailles, « du petit au très gros ».

La société a pour clients des collectivités territoriales (cimetières, décharges publiques, zones d’activités), des entreprises de stationnement automobile, des fermes solaires, des domaines viticoles, des parcs à huîtres etc. Elle est en négociations avec des sites Seveso et collabore avec des intégrateurs comme Securitas, Fiducial, Onet, Spie et Eryma.

Qu’en est-il du réseau de distribution ? « C’est un sujet que nous sommes en train d’instruire. Nous avons travaillé les clients finaux et avons laissé venir. Pour l’instant, nous fonctionnons par vente directe et indirecte en mettant l’accent sur cette dernière pour trouver des relais de croissance et se développer rapidement », détaille Frédéric Chaumeil. EPSI a concentré la majorité de ses financements dans la R&D, soit environ 40 à 50% d’investissements pour 2021 et pour 2022.

Créée en avril 2019, EPSI est le département « produits » du groupe ITNI, spécialisé en informatique et réseau travaillant à 90% pour le ministère des Armées. L’entreprise, dirigée par Jean-Marie Tawil, compte plus de 130 salariés et a généré un CA 2020 compris entre 110 et 120 M€, en incluant EPSI. A son échelle, EPSI, qui recense 25 collaborateurs et « une dizaine de plus d’ici à fin 2021 » est l’émergence d’un projet de quelques salariés de l’industriel américain Rockwell Collins, qui évolue dans l’avionique et les systèmes de pilote automatique.

Siégeant à Beauzelle, où sont regroupées la direction et les forces commerciales, EPSI a délocalisé son pôle R&D, installé à Toulouse. Elle possède aussi une usine de production à Limoges. « Nos cartes électroniques sont fabriquées à Nantes ou à Toulouse chez nos partenaires, ce qui fait que nos produits sont 100% français », assure Frédéric Chaumeil. La totalité des produits fabriqués a été recentrée entre Toulouse et Limoges. Seuls certains éléments sont fabriqués par cinq des sous-traitants d’EPSI.