La société spécialisée dans la conception de logiciels de supervision numérique 3D pour la coordination de la sécurité et la sûreté des sites sensibles fait entrer Aéroports de Paris dans son tour de table, à hauteur d’un peu plus de 20%, annonce la direction d’Egidium Technologies à En Toute Sécurité.
« Cette opération devrait nous permettre d’adresser le marché stratégique de la supervision de la sécurité des aéroports », y compris à l’international, explique Laurent Denizot, président de l’entreprise et ancien directeur de programme pour les infrastructures sensible chez EADS (aujourd’hui Airbus).
Egidium avait jusqu’à présent quelques références comme des événements sensibles (COP21, salon de l’aéronautique du Bourget, Eurosatory, etc.) ou des clients comme ministère de la Défense, CEA, EDF, Stade de France, GIGN et Aéroports de Paris. Pour ADP, il s’agit d’un déploiement expérimental sur Orly Ouest pour la supervision coordonnée de la sûreté et de la sécurité incendie. Un co-développement a été mis en place entre les deux entités. ADP, notamment à travers sa filiale ADPI, réalise l’ingénierie d’aéroports dans le monde, y compris la conception de la sécurité des infrastructures (voir notre enquête dans ETS n°602 de janvier 2016).
Après l’entrée d’ADP dans le tour de table les fondateurs conservent la majorité du capital de leur société créée en 2009. Une première levée de fonds avait été effectuée en juin 2010 auprès de business angels (qui avaient acquis 25% des titres) puis une seconde en 2013 auprès de deux fonds d’investissement (ACG Management et Calao Finance) qui avaient pris plus de 20% (voir ETS n°504).
Après une « forte croissance » en 2016, Egidium Technologies vise un CA de 1 M€ cette année pour des effectifs de quinze personnes. Les comptes ont été déficitaires depuis la création.
La société n’est pas encore présente à l’étranger, à l’exception d’une référence en Chine : une phase pilote à la Cité Interdite à Pékin qui a été arrêtée à cause de l’absence d’un partenaire local.
Le logiciel d’Egidium est commercialisé entre 50 000 € et quelques centaines de milliers d’€ selon la taille du site. Il établit des statistiques des incidents, effectue des rapports, assure la gestion opérationnelle avec une vision en temps réel des équipes de sécurité, une géolocalisation et la traçabilité. Une version plus légère — équivalent à une main courante électronique — est vendue autour de 10 000 € pour les événements ponctuels.