Le constructeur de drones, notamment pour les applications de sécurité, élargit son partenariat passé cet été avec l’américain Aquiline Drones concernant la cession d’une licence de fabrication (voir ETS n°704) : les deux sociétés souhaitent échanger 10% de leur capital avant le début de l’année 2021.
Cet accord capitalistique complète un partenariat industriel exclusif aux Etats-Unis pendant cinq ans permettant à la firme américaine de fabriquer plusieurs modèles de Drone Volt dans son usine de Hartford (Connecticut). Aquiline aura à sa charge tous les investissements et les coûts opérationnels, de même que la responsabilité de la production. Le rythme de production mensuel pourrait s’élever à 3 000 appareils dès 2021. En contrepartie, elle versera à l’entreprise française 10% du produits des ventes, avec un minimum de 0,1 M$ par mois. Ce montant sera relevé de 10% chaque année, jusqu’à fin 2025.
Le contrat prévoit aussi que Drone Volt pourra utiliser l’usine de Hartford pour un maximum de 25% de sa capacité de production pour répondre aux besoins de ses clients dans le monde entier, hors Etats-Unis. L’objectif est d’avoir accès à des coûts de production compétitifs, mais aussi à des produits labellisés « made in USA ». Un élément utile alors que le Département Américain de la Justice vient de publier un veto sur l’utilisation des drones qui ne sont pas fabriqués aux Etats-Unis.
Par ailleurs, Drone Volt a signé une lettre d’intention avec un client distributeur européen pour la fourniture d’un minimum de 275 drones sur les trois prochaines années. Sur la base du prix catalogue, ce contrat représenterait un montant supérieur à 5 M€. Le groupe a également signé une commande de neuf drones pour des applications de sécurité et de défense, de la part d’une société française d’exportation, pour un montant dépassant 0,1 M€.
Sur le plan financier, les résultats sont contrastés : Drone Volt a enregistré un CA de 1,96 M€ au premier semestre, en baisse de 44% pour une perte nette de 1,36 M€, contre -1,43 M€ un an plus tôt. Ce résultat tient compte des difficultés d’approvisionnement en composants qui a provoqué un fort ralentissement de l’activité et son arrêt total pendant le confinement. En revanche, le CA du 3e trimestre s’inscrit à 1,32 M€, dépassant celui du 1er trimestre (1,26 M€). Les livraisons de drones du second semestre devraient être deux fois plus importantes qu’au premier.
Décès d’Olivier Gualdoni, PDG du groupe
Il avait pris la direction de l’entreprise fin 2015 et a été ces cinq dernières années « l’artisan de la transformation d’une petite entreprise de distribution de drones en un constructeur de drones professionnels, aujourd’hui groupe international capable de lutter à armes égales avec les géants en place », souligne l’entreprise. S’appuyant sur des équipes françaises et hollandaises, le groupe a ainsi gagné des parts de marché auprès des plus grandes entreprises et agences gouvernementales de la planète, ajoute la société.
A la suite de ce décès, le conseil d’administration a décidé de modifier la gouvernance du groupe. Il a ainsi coopté Dimitri Batsis, fondateur de Drone Volt et actionnaire historique depuis 2012, comme président, un poste qu’il avait confié à Olivier Gualdoni voici cinq ans. Les fonctions de président et de directeur général ont été dissociées : Marc Courcelle, jusqu’alors directeur de la production, a été promu directeur général.