Challancin Prévention et Sécurité a repris une partie des actifs de Cave Canem, société de gardiennage en liquidation à la suite de difficultés financières depuis plusieurs années, annonce Frédéric Laisney, son PDG, au cours d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
Le tribunal, qui a rendu sa décision le 25 octobre, a préféré Challancin à d’autres candidats comme MCTS, tandis que plusieurs entreprises ont étudié le dossier mais n’ont pas donné suite ou ont été écartées. Il existe encore des possibilités d’appel de ce jugement.
Challancin reprend les activités de surveillance humaine, soit environ 550 personnes, dont l’encadrement, et un CA de 16,8 M€. La filiale de formation, spécialisée dans les chiens détecteurs d’explosifs, pourrait également être reprise. « Cave Canem dispose d’une clientèle assez complémentaire de la nôtre. Elle est par exemple active dans la sûreté aéroportuaire où nous n’étions pas », explique Frédéric Laisney. Challancin ne reprend pas la holding, baptisée Résilience, ni certains administratifs, ni les deux dirigeants Régis Sarda et Jean-Marie Gomis. La marque ne figure pas dans les actifs cédés, si bien que le personnel sera directement intégré dans la société Challancin.
Cave Canem est la première acquisition de Challancin depuis le rachat de SPGO début 2013 (voir ETS n°531). « Nous ne sommes plus à la recherche d’acquisitions, sauf opportunité attrayante. Nous entrons dans une phase de réorganisation avec une harmonisation des pratiques et la fidélisation des clients de Cave Canem », affirme le dirigeant.
Challancin a de nouveau été en croissance organique en 2017 avec une prévision de 70 M€ (ou proche de 72 M€ en intégrant deux mois de Cave Canem) contre 63,12 M€ en 2016. Pour 2018, l’objectif est d’atteindre 85 M€.
Créé en 1985 et longtemps dirigé par Régis Sarda, Cave Canem a connu des difficultés dès 2010 avec la perte de plusieurs contrats émanant de marchés publics qui constituaient la majorité de sa clientèle, tandis que la rentabilité s’est détériorée (voir ETS n°508 et 513). Le CA s’est ainsi inscrit à 15 M€ en 2011 contre 25,6 M€ l’année précédente (voir ETS n°516). Une partie des sociétés du groupe a été placée en redressement judiciaire en février 2012 (voir ETS n°517), d’autres entités en avril (voir ETS n°521) et deux autres encore début 2013 (voir ETS n°541). Un plan de continuation a ensuite été mis en place puis la liquidation est venue.