Jacques Dirickx a développé le groupe à l’international, mais n’est pas parvenu à céder son entreprise
Agé de 71 ans, Jacques Dirickx, PDG de la société éponyme depuis 33 ans, n°1 français de la clôture de sécurité, est décédé le 17 mai.
Diplômé de l’Essca, il rejoint en 1968 l’entreprise familiale fondée par son grand-père en 1921 à Congrier (Mayenne). Il débute comme responsable commercial et s’occupe également de la fabrication et de la gestion. Il prend la présidence du groupe en 1984 et donne un grand coup d’accélérateur au développement international. Ainsi, il implante Dirickx dans plusieurs pays de l’Est à partir de 1991, puis en Chine en 2003, ainsi qu’au Maroc en 2010 (voir ETS n°484), en Turquie en 2013 (voir ETS n°544), de même que dans plusieurs autres pays. Le CA à l’étranger représente plus de 20% de l’activité totale.
Jacques Dirickx, qui est élu meilleur entrepreneur de l’année en 2005, met également l’accent sur des acquisitions ciblées pour compléter son réseau d’installateurs, notamment avec le rachat de SNEE fin 2010 (voir ETS n°489). Parallèlement, le groupe accentue ses efforts sur le segment de clientèle des sites sensibles comme le CEA, des bases militaires ou des aéroports.
De même, un développement vers la sécurité électronique est entamé dès 2009 avec l’acquisition de Pro.se.de, spécialiste de la protection périmétrique (voir ETS n°461).
Le groupe connait néanmoins des difficultés liées à la crise économique mondiale (voir ETS n°474) : la croissance n’est plus au rendez-vous (187 M€ en 2008 contre 159,4 M€ en 2009 et 143,5 M€ l’année suivante) si bien que des pertes sont enregistrées, notamment en 2009 et 2010 (voir l’interview de Jacques Dirickx dans ETS n°519). Une réorganisation se met en place, se traduisant notamment par la fermeture de sites industriels et une réduction des effectifs qui sont ramenés de 1 250 salariés en 2009 à 750 aujourd’hui. Le CA s’inscrit à 125 M€ en 2015.
Dès 2009, Jacques Dirickx ne cachait pas sa volonté de céder son entreprise (voir ETS n°452), mais à l’époque il souhaitait tout d’abord la redresser. Dans cette optique, il était parvenu à modifier le tour de table en 2011 en rachetant les parts de plusieurs actionnaires institutionnels possédant 34% du capital, si bien que la famille détenait 95% des titres, le reste étant aux mains du management (voir ETS n°479). Les discussions en vue de la vente du groupe se déroulaient encore ces derniers temps.