Décès de Claude Lévy : une figure emblématique

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Claude Lévy a milité ardemment pour la réunification des organisations professionnelles.

Artisan sans relâche de l’unification des organisations patronales de la sécurité privée, Claude Lévy est décédé le 24 septembre à l’âge de 93 ans.

Il a débuté en 1981 sa carrière dans la sécurité comme directeur général de Nef Sécurité, mais il laissera surtout une trace dans la profession par son inépuisable énergie à vouloir que celle-ci parle d’une seule voix.

Toujours courtois, y compris lorsqu’il avait à régler des situations conflictuelles, Claude Lévy est élu président du SNEPS en 1991 et de la Fédération française des organismes privés de sécurité (FFOPS). Sous sa houlette, le SNEPS fusionne avec Prosecur pour donner naissance au SNES en 1992. Avec Lawrence Canu, il fonde l’Union fédérale des industries et services de sécurité (UFISS) dont il devient le président en 1996. Il a été président du SNES jusqu’à l’autodissolution de cette organisation en 2019 pour donner naissance au GES.

Par ailleurs, il participe à la création de la CoESS (Confédération européenne des services de sécurité), dont il devient le président en 1991.

Patrick Haas • Rédacteur en chef

 

Lawrence Canu, ancien président de l’UFISS

Claude, ce fut la grande figure de la sécurité privée des années 90 avec qui j’ai eu l’honneur et le plaisir de cofonder l’UFISS, ancêtre de l’actuelle FFSP. Partager avec lui une vision unitaire de la profession nous a permis de jeter les bases d’un mouvement patronal rassemblant toutes les familles de nos métiers.

Je garderai le souvenir d’un homme de cœur qui aura toute sa vie fait preuve d’un engagement sans faille pour la défense de l’intérêt général de notre profession.

 

GES : un grand Monsieur

Claude Lévy n’a jamais cessé de défendre le rôle et l’importance pour la reconnaissance de la sécurité privée à l’échelle nationale et européenne et d’agir pour l’unité de la profession si souvent mise à mal par les manœuvres individuelles de certains de ses acteurs. Ces dernières années, il s’était attaché au rassemblement des organisations professionnelles patronales et avait accueilli avec satisfaction la création du GES, dont il suivait sourcilleusement, même de loin, le développement. Il y a deux mois nous quittait Elias Nahra, ce qui avait douloureusement touché Claude Lévy. Aujourd’hui, la sécurité privée perd de nouveau un visionnaire, un bâtisseur, un créateur, un rassembleur, bref un grand Monsieur.

 

Olivier Duran, ancien directeur communication du SNES

J’ai eu le privilège de travailler avec Claude Lévy dès 1992, tant au Snes qu’il présidait après l’avoir fondé avec Pascal Durieux, qu’à la CoESS dont il abritait à ses débuts le siège social dans son propre appartement parisien.

Sans lui et son implication constante, la profession n’en serait pas là. Il n’avait aucune ambition personnelle mais un vrai dessein collectif pour la profession dans son ensemble qu’il a su faire partager. Pour lui, l’unité était essentielle pour que le secteur pèse et il n’a eu de cesse dès la scission consommée de contribuer à recoller les morceaux tout en restant impliqué à fond au SNES. Sans lui, sans sa présence malgré sa retraite, le GES n’aurait pas vu le jour. S’il est incontestablement le père fondateur du patronat de la sécurité privée française, le GES est, ô combien, son enfant légitime (unique…) et tant attendu. Il a vu son œuvre se réaliser et il en était très heureux.

Le SNES a su l’honorer à plusieurs reprises, mais je suis en colère parce que les pouvoirs publics — en l’occurrence le Ministère de l’Intérieur — ne l’aura pas distingué et honoré de son vivant. C’est non seulement injuste mais cela témoigne d’un profond et constant manque d’attention et de connaissance du métier de la part de sa « tutelle ». Il est vrai qu’il préférait œuvrer aux prudhommes et au comité de conciliation de branche que cultiver les clans et les réseaux. Sport polluant du secteur.

Sans lui, je n’aurai pas passé près de 30 ans au service de ce métier qui est devenu par hasard le mien. Je lui en suis profondément reconnaissant. Après la perte prématurée cet été d’Elias Nahra qu’il avait en affection, une page se tourne. Triste.

 

Claude Tarlet, président de la FFSP

J’ai appris avec une immense tristesse le décès de mon ami Claude. Je garde de lui le souvenir d’un homme sincère et engagé pour la promotion de la profession, dans notre pays et en Europe.

Nous avons partagé ensemble des moments forts qui resteront dans ma mémoire.

Je veux adresser à sa femme et à ses proches toutes mes condoléances et exprimer mon soutien le plus profond.

 

Ils ont dit :

Eric Chenevier, PDG de Goron – Une bien triste nouvelle que la disparition de Claude, qui a marqué la profession.

Michel Ferrero, ancien président du SNES – Repose en paix, Claude. Condoléances à la famille.

Michel Pinteaux, ancien président du SNES – RIP, mon très cher Claude.