Crosscall se renforce dans la sécurité

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Après avoir remporté l’année dernière l’appel d’offres « PC Storm » du ministère de l’Intérieur (voir ETS n°692), le fabricant français de téléphones mobiles outdoor continue d’élargir sa présence dans le monde de la sécurité.

L’entreprise a remporté en mars dernier, avec Orange Business Services, l’appel d’offres « NEO » de nouveau lancé par la place Beauvau (voir ETS n°717). Les deux sociétés mettent ainsi en commun leur expertise pour fournir 200 000 terminaux mobiles à la gendarmerie et à la police nationale. Montant du contrat : aux alentours de 70-75 M€. La sécurité devient donc un terrain de conquête pour Crosscall.

« Jusqu’à présent, le secteur de la sécurité représentait moins de 10% de notre CA. L’objectif est de l’emmener à environ 30%. On est en rapport avec nos distributeurs de sécurité privée mais pas assez encore. Il faut qu’on se rapproche encore plus de ces acteurs. Nous avons échafaudé une stratégie de conquête de grands comptes en sécurité et défense. La sécurité privée et publique reste un axe de développement important pour nous », explique David Eberlé, vice-président de Crosscall, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.

Ayant vendu 600 000 téléphones entre fin mars 2019 et fin mars 2021, Crosscall a généré un CA de 82 M€ sur l’exercice 2019-2020 et a vu ses prévisions 2020-2021 à la baisse. Elle tablait sur 89 M€ pour atteindre finalement 80 M€ en raison de la crise sanitaire. « Nous avons fait le dos rond l’année dernière. La moitié de nos ventes a été touchée. Cependant, l’entreprise n’a que très peu recouru au chômage partiel et n’a procédé à aucun licenciement. L’idée, aujourd’hui, c’est de rattraper la croissance perdue et de la dépasser en sortant de nouveaux produits au deuxième semestre 2021 », affirme David Eberlé. Crosscall table en effet sur 140 M€ de CA pour l’exercice 2021-2022.

 

Muscler la R&D

Pour continuer de creuser son sillon dans la sécurité, Crosscall a déjà investi 20 M€ et mobilisé 60 personnes pour son pôle recherche et développement. La société s’inscrit cette année dans la continuité avec « des investissements toujours aussi forts sur la partie produits et services », poursuit David Eberlé. L’entreprise a d’ailleurs élargi son segment de clientèle en travaillant désormais avec certaines collectivités locales, polices municipales au travers d’intégrateurs mais aussi avec le ministère de la Justice. « D’autres appels d’offres sont en cours », annonce le vice-président.

La marque Crosscall est aujourd’hui présente dans 20 000 points de vente en France et en Europe, collabore avec 16 opérateurs et 22 revendeurs BtoB sur le Vieux Continent. A l’échelle nationale, elle a noué des partenariats avec 17 revendeurs, huit revendeurs professionnels comme Loxam, Point P et Rexel, quatre revendeurs spécialisés dans le sport. Crosscall s’est implantée dans neuf pays européens, en Afrique du Sud et possède une filiale à Hongkong qui a pour but d’être en relation avec les usines pour mener à bien la chaîne d’approvisionnement.

Créée en 2009 par Cyril Vidal, l’entreprise, qui siège à Aix-en-Provence, compte environ 150 salariés. Crosscall ambitionne de recruter 20 personnes d’ici à fin mars 2022, essentiellement des chefs de produits, des ingénieurs software et hardware et des fonctions support. Outre le marché de la sécurité, la société équipe des entreprises de transport, de la logistique, l’AP-HP ainsi que la Sécurité Sociale à travers les « brigades anti-covid ».

Le capital de la société a connu « un petit mouvement » avec une baisse des parts des fonds Amundi PEF et A Plus Finance, qui avaient investi 12,5 M€ en 2018, et l’entrée du groupe LFPI en obligataire à hauteur de plusieurs M€. Réalisant 15% de son CA à l’export, le projet d’ouverture d’une filiale en Australie n’a pas abouti. Quant à la conquête du marché américain, « le sonder est toujours d’actualité mais il faudra y aller de manière très ordonnée. Nous l’analysons mais ne sommes pas encore prêts », précise David Eberlé. La société regarde aujourd’hui vers l’Est et souhaite s’implanter au Qatar et aux Emirats Arabes Unis.