David Eberlé : “Nous avons déjà des clients prestigieux pour les applications de sécurité”.
Diversification pour le fabricant français de téléphones mobiles outdoor : initialement tourné vers le segment des sports de plein air, Crosscall s’oriente maintenant vers le marché de la sécurité. L’entreprise a par exemple remporté l’appel d’offres « PC Storm », créé par le ministère de l’Intérieur pour sécuriser les réseaux et équipements de communication des forces de sécurité.
« Nous nous adressons maintenant au marché de la sécurité qui a son propre langage et que nous considérons comme pertinent au vu de notre savoir-faire. Nous sommes en phase d’hyper croissance et souhaitons donc investir dans un segment que nous avions peu exploré jusque-là », explique David Eberlé, le vice-président de Crosscall lors d’un entretien exclusif accordé à En Toute Sécurité.
Pour ce faire, la société a décidé de monter une organisation en interne dédiée à l’écoute de ce marché. Concrètement, Crosscall a investi l’an dernier 20 M€ en recherche et développement et mobilisé 60 personnes à ce sujet. « Cette année, nous allons continuer à enrichir notre équipe R&D et investir dans le personnel et dans les moyens », poursuit David Eberlé.
Concernant sa clientèle, la société négocie avec des industriels du secteur privé comme Airbus et Thales. Dans le domaine public, elle équipe désormais les forces spéciales et d’intervention françaises, les membres du Groupe militaire de haute montagne (GMHM) et fournit du matériel aux SDIS (service départemental d’incendie et de secours).
Signe d’une diversification multiple, Crosscall a aussi pénétré le monde des transports en signant, en novembre, un contrat de 8 M€ sur trois ans avec la SNCF pour fournir 21 500 terminaux aux agents. Sur le plan commercial, l’entreprise a choisi de s’entourer de personnalités influentes comme l’explorateur helvético-sud-africain Mike Horn pour diffuser plus largement sa marque.
Forte croissance annuelle
Crosscall a été créé en 2009 par Cyril Vidal, son actuel PDG. L’entreprise compte 140 salariés et siège à Aix-en-Provence, avec 90 collaborateurs sur site. Elle dispose d’un bureau à Paris et dans 16 pays en Europe. La société s’est implantée à Hong-Kong, en Afrique du Sud et en Australie. Elle envisage de sonder le marché américain pour s’y installer. En France, Crosscall recense 4 000 points de distribution dans les quatre opérateurs de téléphonie française, des entreprises de vente au détail classique et le groupe de BTP Saint-Gobain.
La société a ouvert son capital aux fonds d’investissement Amundi PEF et A Plus Finance en levant 12,5 M€ en 2018 et à ACG Management, en 2016, en récoltant 3,5 M€. Elle a aussi obtenu un financement de Bpifrance via un emprunt obligataire de 2 M€ en 2016. Depuis sa création, Crosscall a vendu 2,5 millions de téléphones dans le monde.
Réalisant 15% de son CA à l’export, l’entreprise connaît une forte croissance depuis 3 ans. Elle est en effet passée de 52 M€ de CA lors de l’exercice 2017-2018 à 71,6 M€ lors de l’exercice 2018-2019. Crosscall table sur un CA de 90 M€ pour 2019-2020 et prévoit « une croissance de 20% » en 2020-2021. « L’entreprise est profitable », indique David Eberlé en précisant qu’elle a été retenue par French Tech 120, dispositif gouvernemental accompagnant les jeunes entreprises au potentiel prometteur.
Un nouveau plan de recrutement est prévu cette année. Après avoir embauché 20 personnes en 2019, Crosscall prévoit d’en attirer autant en 2020. Ce sont surtout des profils spécifiques dans les domaines de l’ingénierie, du marketing et du commerce qui sont recherchés.