Cosimo Prete : “Nous avons identifié trois entreprises que nous souhaitons acquérir prochainement”
Malgré la crise sanitaire, l’entreprise spécialisée dans la conception de technologies d’identification criminalistiques et de sécurisation des documents fiduciaires continue de développer ses activités commerciales, notamment à l’étranger. La société vient en effet de livrer, fin novembre, ses solutions de découvertes d’empreintes digitales à l’Arabie Saoudite.
« Les empreintes digitales représentent un marché de niche, de l’ordre de quelques millions d’euros, qui nous a ouvert les portes des gouvernements. Une fois cette porte ouverte, cela a permis de nous lancer dans la sécurité des documents d’identité en pénétrant des marchés en Europe, Amérique du Nord et du Sud, en Asie et en Afrique. Nous avons signé des contrats avec des gouvernements étrangers et des partenariats commerciaux avec de grands intégrateurs comme Idemia et le Japonais Toppan », explique Cosimo Prete, PDG fondateur de Crime Science Technology, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
Siégeant à Loos (Nord) au sein du pôle Eurasanté dédié aux recherches sur les biotechnologies, Crime Science Technology a été créée par un ancien expert de l’Institut national de police scientifique (INPS), spécialisé dans la fraude documentaire et les empreintes digitales. L’entreprise vient de fêter ses dix ans et n’est donc plus considérée comme une start-up. « Nous sommes passés de la French Tech à la French Lab », souligne Cosimo Prete. Crime Science Technology se dit « fortement intéressée » par le fait d’emménager dans le futur pôle cybersécurité des Hauts-de-France. La stratégie de l’entreprise, comptant bientôt 12 salariés, repose à 80% sur l’export avec une présence dans une dizaine de pays sur tous les continents.
Concrètement, la société a organisé, à l’étranger, un réseau d’une trentaine d’agents pour assurer le lien entre leurs principaux clients, à savoir les intégrateurs, les imprimeries nationales, les forces de l’ordre et les gouvernements. « Notre réseau s’étend sur plusieurs continents et nous sommes en collaboration avec la direction de la coopération internationale, notamment les attachés de sécurité intérieure », poursuit Cosimo Prete.
Capitaux majoritairement français
Le capital de l’entreprise est essentiellement français. On y note la présence de Bpifrance qui a approché récemment, selon les informations obtenues par En Toute Sécurité, Crime Science Technology via son pôle « Deal Flow » pour sonder ses besoins en termes de capitaux. On y trouve également le fonds d’investissements Nord France Amorçage, fonds interrégional, et les fonds Finovam et Fira. La société a réussi à lever 0,8 M€ lors d’un premier tour de table en 2016.
Outre ces fonds français, l’industriel allemand Covestro, spécialisé dans la science des matériaux, est entré au capital de la société mais reste minoritaire. Pourquoi cette entrée d’un investisseur étranger ? « Pour industrialiser nos procédés et accélérer notre développement à l’international », répond Cosimo Prete. Preuve de sa bonne santé financière, la société souhaite recruter des business developers et dit avoir identifié « trois entreprises françaises » qu’elle souhaite acquérir « prochainement » : la première issue de la sécurité digitale, la deuxième de la sécurité physique et la troisième provenant du domaine de la reconnaissance faciale.
Plusieurs partenariats ont été noués avec des distributeurs qui centralisent les commandes dans le monde pour livrer les forces de l’ordre et les gouvernements pour la partie criminalistique. Concernant la sécurisation des pièces d’identité, Crime Science Technology procède par une livraison aux intégrateurs ou Imprimerie Nationale en France. A l’international, l’entreprise peut livrer directement aux partenaires locaux de ces mêmes imprimeries.
Très discrète sur les chiffres et résultats, la société indique que la sécurisation des documents fiduciaires représentera 80% de son activité. Les 20% restants reviennent à la partie identification criminalistique.