Frédéric Maury : “Nous souhaitons poursuivre notre partenariat stratégique avec Airbus Defence & Space”.
Spécialisée dans les systèmes d’information dédiés à la surveillance, au renseignement et à la défense, l’entreprise entend développer de nouvelles alliances stratégiques avec des grands donneurs d’ordres, tout en confirmant son partenariat avec Airbus Defence & Space, dont elle est une ancienne entité. Reprise par Cordon Electronics voici trois ans, elle poursuit son intégration au sein du groupe spécialiste du SAV et de la réparation électronique, qui a réalisé un CA de 196 M€ en 2017.
« Il a fallu très vite se reconstruire, montrer que nous restions un acteur de la défense et que nous avions gardé, malgré la revente, une vraie compétence en imagerie, surveillance, protection et renseignement », explique son directeur général Frédéric Maury au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.
L’entreprise développe des systèmes complexes (logiciels et matériels) depuis plus de trente ans. L’une de ses dernières inventions, le DPIS (dôme de protection des infrastructures sensibles) est un mât doté d’une caméra et de capteurs permettant de détecter toute intrusion de 700 à 1 500 m à la ronde. Il s’adresse aux acteurs de la défense, aux collectivités locales, ports, zones franches, centrales nucléaires en demande d’une protection temporaire ou souhaitant renforcer un système de sécurité défaillant, sont aussi visés.
Un partenariat avec Airbus à confirmer
Autre marché porteur au-delà de la seule défense : la cybersécurité. Si elle représente encore moins de 5% du CA, elle constitue néanmoins une cible d’opportunité pour la société, qui affirme d’ailleurs être la seule en France à être reconnue comme maîtrisant la « chaîne de destruction des données sensibles ».
Ancienne branche de Matra Défense créée en 1982, elle a intégré Cassidian, la division défense et sécurité d’EADS-Airbus, avant d’être vendue à Cordon en 2015. Airbus a alors dû s’engager à accompagner son ancien site pendant les quatre années suivant sa reprise. « Nous souhaitons poursuivre notre partenariat au-delà de cette période », indique le dirigeant.
Pour autant, il ne veut pas devenir « monodépendant », et se félicite que « d’autres grands donneurs d’ordre comme Thales ou MBDA veuillent travailler avec DS2i, dans le cadre du pacte PME. » Des poids lourds auprès desquels la société veut se placer dans une logique de complémentarité : « Il y a un segment de marché difficilement adressable pour eux qui est plus accessible à des petites sociétés comme la nôtre, car il faut être réactif rapidement et à des coûts inférieurs. »
Depuis 2015, DS2i réalise un CA compris entre 7 et 8 M€. « Pas déficitaire », elle vise une rentabilité positive sous deux ans. « Jusqu’ici, nous respectons notre feuille de route », assure Frédéric Maury, qui souhaite « retrouver une taille critique d’ici cinq à six ans, pour amortir les coûts de structure inhérents à notre fonctionnement, par exemple le fait que nous travaillons en zone protégée ».
Il ambitionne en outre de doubler d’ici cinq ans la masse salariale de l’entreprise, aujourd’hui composée de 58 salariés. Il table également sur un doublement du CA d’ici dix ans. Toutefois, pour 2018, l’ambition reste à 8 M€.
« Notre objectif principal consiste surtout à nous positionner, en toute modestie, comme un partenaire clef de l’Etat français et d’Etats étrangers dans la lutte anti-terroriste », explique-t-il. La DGA, l’armée de terre et l’armée de l’air, le ministère de la Défense, la DRSD ou la DIRISI font d’ores et déjà partie de ses clients étatiques.
Du côté des industriels, outre Thales et MBDA, le groupe Airbus reste présent, ainsi que ses filiales comme Airbus Helicopters, Signalis (surveillance maritime) Hensoldt (électronique de défense) ou encore Apsys (conseil en risques industriels).
Pour son dirigeant, la vocation première de Cordon DS2i est de devenir un « systémier qui accompagne l’Etat français dans l’effort de guerre qu’il effectue ». En France et à l’international. Les zones porteuses à ce titre sont « celles où il faut aller combattre le terrorisme », selon Frédéric Maury, soit Afrique, Proche et Moyen-Orient, que le dirigeant connaît, pour avoir été pendant plusieurs années directeur commercial à l’export sur ces zones du temps d’Airbus.