Claude Tarlet : « les propositions de l’USP pour fusionner avec le SNES »

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Le président de l’USP a réservé en exclusivité pour En Toute Sécurité ses propositions en vue d’une unification avec l’autre organisation de la surveillance humaine. Il estime qu’il n’y a plus d’obstacle pour faire aboutir ce projet dès 2019.

 

Claude Tarlet annonce qu’il ne briguera pas la présidence de la future organisation née de la fusion de l’USP et du SNES.

En Toute Sécurité – Les appels à l’unification de la profession de la surveillance humaine se multiplient, notamment en provenance du collectif Urgence Sécurité. Pensez-vous que l’heure soit venue pour un tel événement ?

Claude Tarlet – Le message du collectif des Dix — publié dans les colonnes de votre journal — va dans le bon sens. Je suis tout à fait satisfait qu’un nouveau relai d’opinion s’exprime dans le sens de l’unité. Depuis de longues années, j’ai proposé l’unité des organisations professionnelles. Aujourd’hui, ce message est partagé par tous, notamment par le SNES qui l’affirme publiquement. Le moment de l’unité est enfin arrivé et — à mon avis — plus rien ne fait obstacle à cette unité.

Nous avons mis de côté certains événements passés, notamment les querelles d’ego, et la crise profonde que la profession traverse doit nous inciter à réfléchir sur notre façon d’agir. Ne rien faire face au désordre du marché serait un suicide collectif : nous sommes réellement au bord du précipice.

Une organisation unique nous donnera du poids vis-à-vis de s pouvoirs publics et des donneurs d’ordre. Nous serons mieux écoutés dans le processus de concertation préalable à l’élaboration de nouveaux textes réglementaires.

Je pense qu’il faudrait aussi fusionner les organisations professionnelles de la formation en sécurité — Unafos et FPS — compte tenu de l’aspect stratégique de cette activité.

ETS – Comment pourrait se dérouler le processus de fusion de l’USP et du SNES ?

  1. T.– Je ne fais que proposer et donner un élan, mais je n’impose rien. Aussi, l’USP propose une méthode et un calendrier. Dès septembre, il faudrait créer un comité de pilotage composé de trois dirigeants provenant de chacune des organisations. Je suis favorable à ce que les représentants de l’USP soient des patrons propriétaires de leur entreprise, car ils sont davantage impliqués dans la conduite des affaires. A mon sens le président de l’USP et du SNES ne doivent pas faire partie de ce comité : ils doivent laisser les adhérents décider.

Pour que cette future organisation commune soit crédible et politiquement forte, il faut une gouvernance neuve.

ETS – Cela veut dire que vous ne vous présenterez pas à sa présidence ?

  1. T. – Oui, vous avez très bien compris. Je crois savoir que le président du SNES a pris la même décision.

ETS – Quels sont concrètement les questions à traiter pour aboutir à la fusion de l’USP et du SNES ?

  1. T. – Il y en a beaucoup : le comité de pilotage devra tout d’abord rédiger les statuts et organiser les modalités de la transition vers la nouvelle entité : dissolution et création d’une nouvelle structure, fusion, absorption, etc. Il devra aussi établir les règles de fonctionnement opérationnel de la future organisation. Il convient également de régler les problèmes financiers que cela va soulever, les questions logistiques et de ­représentati­vité. Sans oublier de choisir un nouveau nom. Je souhaite que l’on construise une relation équilibrée entre les petites entreprises, les moyennes et les grandes.

Les travaux du comité de pilotage seraient présentés aux instances dirigeantes des deux organisations puis soumis à un vote des adhérents respectifs. Je pense raisonnablement que le processus pourrait aboutir vers juin 2019. 

 

Pascal Pech : « le SNES favorable à la réunification »

Dans une interview exclusive à En Toute Sécurité, le président du SNES se montre favorable à la réunification des deux organisations professionnelles de la surveillance humaine.

Tout comme Claude Tarlet, il annonce s’interdire de vouloir prendre la tête de la future organisation, estimant que c’est « une garantie pour que cela change ». Pascal Pech affirme qu’il ne sent aucune animosité au sein du SNES à ce processus de rapprochement avec l’USP. « Nos adhérents attendent de l’efficacité et ne veulent pas revivre ce qui s’est parfois passé ces dernières années entre le SNES et l’USP », ajoute-t-il.

Le président du SNES souligne qu’il faudra « prendre le temps nécessaire pour construire la plateforme » visant à créer la future organisation, probablement en y associant le collectif Urgence Sécurité. « Pas d’à-coups ni de marche forcée », insiste-t-il. Pour réaliser l’union des deux syndicats, Pascal Pech estime possible d’aboutir à un accord au printemps prochain sur les sujets de fond et à un vote de l’assemblée générale de chacune des deux organisations vers le mois de juin 2019, ce qui correspond d’ailleurs au calendrier souhaité par Claude Tarlet.

« La dualité des organisations nous est nuisible. Le rassemblement sera source d’un renforcement de nos énergies. La profession a aujourd’hui atteint une limite et nous partageons le constat qu’elle a besoin d’aller plus loin », indique le président. Il cite « les marges rabotées par la fin du CICE, le dialogue social quasi à l’arrêt et la guerre des prix entre les prestataires ».

Par ailleurs, Pascal Pech estime qu’il existe un consensus au sein des pouvoirs publics sur la création d’une garantie financière, sur la lutte contre la sous-traitance en cascade et sur les prix anormalement bas. « Nous avons une grande attente vis-à-vis du CNAPS : derrière 90% des prix anormalement bas proposés par un prestataire se cache une infraction à la réglementation sociale ou fiscale », explique-t-il.

 

Propos recueillis par  Patrick Haas Rédacteur en chef