Cerbair effectue une importante levée de fonds

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Lucas Le Bell : “Nous avons multiplié notre CA par huit en 2019 et pensons le doubler en 2020.”

Le concepteur de solutions anti-drones malveillants a réussi une levée de fonds de 5,5 M€ afin d’accélérer le développement commercial, d’industrialiser les produits et d’intégrer de nouvelles briques technologiques, annonce Lucas Le Bell, directeur de CerbAir, au cours d’un entretien accordé à En Toute Sécurité.

« En un an, nous allons recruter une dizaine de personnes, essentiellement dans le domaine technique, qui s’ajouteront à nos effectifs actuels d’une vingtaine de salariés. Il est important de ne pas perdre la bataille de la technologie dans notre secteur qui est très concurrentiel et phagocyté par de grands groupes », explique le dirigeant de la start-up créée en 2015.

Spécialisé dans les systèmes utilisant les radiofréquences, CerbAir « veut devenir un petit systémier en intégrant d’autres composants comme des détecteurs acoustiques, des caméras longue portée, des analyseurs, etc., notamment en signant des partenariats », ajoute Lucas Le Bell.

Ce second apport (après celui de 1,5 M€ intervenu en décembre 2017) a été récolté auprès de Boundary Holding, Aubé Management, Smart Move Holding, tandis que le missilier MBDA et le start-up studio Technofounders — déjà actionnaires — ont apporté de nouveaux fonds. A cette occasion, les fondateurs de CerbAir ne sont plus majoritaires dans le tour de table.

« Cette levée de fonds sera suffisante pour nous financer jusqu’à ce que nous soyons rentables, avec l’objectif de le devenir d’ici deux ans », annonce le directeur. « Cette opération matérialise notre succès commercial, puisque nous avons un portefeuille de plus de vingt clients qui ont acheté un à trois systèmes chacun », affirme-t-il. Le prix de vente varie de 30 000€ à 0,3 M€ selon la taille du site protégé.

La stratégie a consisté à prospecter tout d’abord les forces spéciales pour toucher ensuite les grands donneurs d’ordre. Parmi les références, on peut citer le RAID lors du G7 à Biarritz, les forces aériennes colombiennes, des ministères de l’Intérieur ou de la Défense de plusieurs pays, des prisons (notamment en Géorgie), le plus gros dépôt pétrolier en Europe, le missilier MBDA, l’aéroport de Roissy, un stade, etc.

A cette liste, il faut ajouter des sociétés de sécurité comme Protec (voir ETS n°669) et Anaveo (voir ETS n°674). « Ces entreprises sont l’archétype du partenaire commercial qui a du sens, car elles sont compétentes, sont conscientes des menaces et ont des clients qui auront forcément besoin de nos produits un jour », analyse Lucas Le Bell.

Commercialisant ses systèmes depuis trois ans, active dans huit pays, la société a multiplié par huit son CA en 2019, pour atteindre « quelques M€, dont 80% à l’international ». Elle emploie deux commerciaux en France et dispose d’un réseau de 200 revendeurs dans le monde. L’objectif est de doubler le CA en 2020 et de conclure des joint-ventures dans plusieurs pays.